Le fascisme, vraiment ?

lundi 5 janvier 2026

Faut-il aujourd’hui se contenter de qualifier de fascistes toutes les forces politiques d’extrême droite ? Est-ce pertinent si on veut les combattre ? Racisme, lutte contre l’immigration, autoritarisme policier : qu’est-ce qui distingue le dit fascisme du populisme d’extrême droite ou de la démocratie ? Voici une bienheureuse mise au point depuis la situation italienne et publiée par le journal Courant alternatif [1].

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La présidente italienne Giorgia Meloni (à l’extrême droite) à l’Assemblée générale de la Confindustria, le syndicat des patrons d’industries, le 27 mai 2025.

Un mot fourre-tout

Quand Berlusconi était au pouvoir en Italie, il n’était pas rare de le voir peint en fasciste, avec une chemise noire. En 1994 il avait créé, dans le Centre-Nord, le « Pôle des libertés » avec la Ligue du Nord et, dans le Sud, le « Pôle du bon gouvernement » avec Alleanza Nazionale, parti d’origine néofasciste ; une partie de la gauche, et surtout de l’extrême gauche, avait alors crié au retour du fascisme. Les cris d’orfraie redoublèrent quand l’alliance se stabilisa en 1996 avec les ex-néofascistes mais sans la Ligue. Le « fascisme » entrait au gouvernement. Lorsque la Ligue du Nord – parti à l’origine autonomiste -indépendantiste, mais devenu depuis fortement nationaliste avec le leadership de Salvini – arriva au pouvoir, il se trouva à nouveau des gens de gauche (et surtout d’extrême gauche) pour dénoncer haut et fort le nouveau fascisme. Aujourd’hui c’est le parti Fratelli d’Italia (FdI) – héritier de l’ancien MSI [2] – qui est supposé ouvrir la porte au fascisme. En France, c’est le parti de Jean-Marie Le Pen, fondé par des anciens membres de l’OAS, fascistes et nazis, et maintenant son successeur, le Rassemblement national (RN), qui polarisent l’attention des antifascistes. Or les modifications de programmes qui accompagnent les différentes évolutions de ces formations ne changent rien à leur fond essentiellement néolibéral, conservateur, « souverainiste » et populiste –avec un vernis social pour le RN et FdI.

Mais il n’y a pas que l’extrême gauche qui s’attache à la dénonciation du fascisme. Dans un article de 1995, Umberto Eco a proposé le concept de « fascisme éternel » [3] ou d’« ur-fascisme ». A l’en croire (je schématise) tout phénomène autoritaire (machisme, populisme, traditionalisme, vitalisme) serait fasciste et porterait en lui les mêmes germes que le fascisme historique. Il en retient 14 caractéristiques : 1) le culte de la tradition ; 2) le refus du modernisme et notamment le rejet des Lumières et de la Raison ; 3) l’irrationalisme et le culte de « l’action pour l’action » ; 4) la négation de toute analyse critique : tout désaccord est une trahison ; 5) la peur de la différence : le fascisme éternel serait raciste par définition [4] ; 6) l’adresse à une classe moyenne frustrée ; 7) la construction d’une identité nationale toujours mise en danger par un ennemi extérieur ou intérieur (les Juifs par exemple) : l’obsession du complot est toujours présente ; 8) le fait de se sentir humiliés par la richesse ostentatoire de l’ennemi, ce qui les destine à la défaite, car ils sont incapables d’évaluer la force véritable des ennemis ; 9) le pacifisme perçu comme une compromission avec l’ennemi : la vie serait une guerre permanente, mais une bataille finale permettrait le contrôle du monde ; 10) un élitisme réactionnaire qui fonctionne en cascade de façon militaire et garantit l’appartenance à un peuple meilleur que les autres, fondement du culte du chef ; 11) le culte du héros : l’héroïsme est la norme, tout individu est éduqué pour devenir un héros, qui ne craint pas la mort mais aspire à la mort ; 12) le machisme : la soif de pouvoir est transférée dans le domaine sexuel ; 13) l’idée que seul le peuple en tant que peuple a du pouvoir, le chef étant là pour s’exprimer à sa place, puisqu’une grande population ne peut avoir de volonté commune ; 14) une nov-langue : un vocabulaire et une syntaxe appauvris limitent toute pensée complexe et critique.

Il est vrai que dans le fascisme historique on trouve bien tous ces éléments et que certains d’entre eux se retrouvent également chez des mouvements et groupes politiques des quatre coins du globe. Pourtant cette approche me semble contestable sur un plan historique : plusieurs des caractéristiques retenues par Eco sont bien plus anciennes que le fascisme et d’autres sont largement présentes y compris dans « nos » démocraties. Son approche me paraît plus d’ordre psychologique, moral ou sociétal que politique et social : il semble plus disposé à dénoncer et exécrer le « fascisme » qu’à le combattre sur le terrain politique. Son interprétation rappelle fortement celle, libérale, de Luigi Salvatorelli et Benedetto Croce qui voyaient le fascisme comme une sorte de « maladie morale » dont souffrait l’Italie [5]. Et elle ne semble pas avoir été d’une grande utilité à la « gauche » italienne, qui s’est évanouie après l’auto-dissolution de l’URSS puis du PCI au bénéfice de formations autoritaires, populistes, machistes et souvent aussi traditionalistes.

Une double incapacité

Le fait que de nombreuses productions écrites en Europe et dans le monde entier évoquent une « fascisation » ou un climat fasciste, voire un nouveau fascisme en train de s’installer, relève, à mes yeux, d’une attitude consistant à noircir la réalité politique et sociale. Ce qui permet de justifier (en partie) une double incapacité : celle des analystes à comprendre ce qui se passe dans le concret des choses et celle de la « gauche » ou des gauchistes à modifier la situation. Dès qu’un niveau plus élevé de répression est franchi par un État, dès qu’un tribun fait appel à la xénophobie, à des sentiments d’exclusion et de repli, dès qu’un dictateur prend le pouvoir ou transforme une démocratie en « démocrature » ou carrément dictature, dès qu’une force politique détestable prend de la place sur la scène politique, le terme « fascisme » est dégainé. Il permet en effet de se référer à quelque chose d’horrible mais de connu, dont la puissance justifie sa propre impuissance. Mais cela ne fait qu’alimenter chez la majorité de la population l’idée que « si le fascisme c’est ça, ce n’est pas si grave ».

Si on se trompe d’analyse, on ne peut trouver les moyens susceptibles de modifier les rapports de forces à l’origine de la situation dénoncée. C’est pourquoi j’estime important de comprendre ce qu’il y a de nouveau dans la situation actuelle, afin de trouver des moyens de lutter et des arguments adaptés à la nouvelle donne. Et pour cela, il faut d’abord déblayer le terrain de ce qui fait fonction de leurre. Et donner un contenu historique précis à des phénomènes comme le racisme, mot souvent utilisé pour désigner un des ressorts de l’extrême droite [6], mais qui a recouvert au cours de l’histoire des phénomènes bien différents. Malheureusement ce travail est trop rarement fait.

Ce qui diffère du fascisme historique

Tentons donc de proposer quelques pistes pour comprendre ce qu’il y a de nouveau et de différent par rapport au fascisme historique.

Tout d’abord il faut souligner que les régimes « démocratiques » sont devenus de plus en plus autoritaires bien avant que les supposés fascistes arrivent, réellement ou potentiellement, au pouvoir. Pour rester sur des exemples connus, on n’a pas attendu Mme Le Pen pour durcir la répression : depuis les lois d’urgence qui ont suivi les attentats de 2015, on assiste à une véritable surenchère de lois répressives de la part de ministres « de gauche » comme de droite. Même chose en Italie : Mme Meloni a hérité des accords conclus avant elle avec les bandes libyennes par le ministre « de gauche » Marco Minniti, qui visait à bloquer les migrants en Afrique du Nord. Et c’est plus net encore en politique étrangère : renonçant aux déclarations souverainistes de l’époque où elle était dans l’opposition (et à toute velléité de politique arabe autonome), elle a renoué avec la traditionnelle subordination de feu la Démocratie Chrétienne, totalement soumise aux États-Unis. Et dans ce dernier pays, c’est bien l’incapacité de Biden et Harris à comprendre les difficultés des classes populaires qui a poussé celles-ci dans les bras de Trump [7].

Le livre capital d’Angelo Tasca, Naissance du fascisme, publié en 1938 [8], fournit les détails de la véritable guerre civile qui a marqué la prise du pouvoir par Mussolini, dans un contexte où le mouvement fasciste était soutenu par toutes les institutions et les pouvoirs du pays (patronat, monarchie, armée, police, Église catholique...). Luigi Fabbri [9], quant à lui, parle de « contre-révolution préventive », établissant une relation entre le niveau élevé de la lutte de classes et la réaction patronale : celle-ci a fait payer au prolétariat la « grande frayeur » qu’il lui a causée après la fin de la guerre de 14-18.

De toute évidence, rien aujourd’hui ne s’apparente à un tel climat. Il n’y a pas de climat de guerre civile, pas non plus de tentative révolutionnaire récente qui justifierait le recours au fascisme aux yeux des capitalistes ; et si crise de l’État libéral il y a, elle n’est pour l’instant pas due à l’action autonome du prolétariat, comme ce fut le cas après la Première Guerre mondiale. Cette guerre avait alimenté le climat de violence et transformé l’état d’esprit des nationalistes, qui en étaient sortis avec un sentiment de frustration en Italie (la « victoire mutilée »), de défaite et de trahison en Allemagne –là, ce sentiment, alimenté par les classes dirigeantes responsables de la guerre, a constitué le terreau des corps francs créés sous la houlette du SPD puis repris par le parti nazi [10].

Autre différence : le fascisme, après son arrivée au pouvoir, se caractérise autant par ses formes extrêmes de répression contre toute forme d’opposition que par une intervention massive de l’État dans l’économie du pays à partir de la crise de 1929, par une structure dictatoriale du pouvoir et par la mobilisation et l’encadrement des masses dans plusieurs organisations féminines, professionnelles, syndicales, de jeunesse, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Dernier élément : alors que pour déloger le fascisme du pouvoir il a fallu une guerre mondiale, les forces d’extrême droite arrivées récemment au pouvoir, notamment en Italie, acceptent l’alternance « démocratique », même quand ça ne les arrange pas. Évidemment, tout ça pourrait changer, mais il faut réfléchir à partir des faits [11].

Mais c’est surtout quand on s’attache à l’état des sociétés (notamment) européennes d’aujourd’hui qu’on trouve les plus grandes différences : alors que le fascisme était le produit vitaliste et conquérant d’une société jeune et expansionniste, les extrêmes droites d’aujourd’hui sont le produit de sociétés vieillissantes, qui construisent leurs fortunes électorales sur la peur de l’autre. Quand l’Italie devient un pays non plus d’émigration mais d’immigration, les discours se focalisent sur la question de l’insécurité : les immigrés albanais de 1991 devenaient dans l’imaginaire des extrêmes droites des hordes barbares qui déferlaient sur le pays. Et cette perception s’est graduellement généralisée à tous les pays européens.
Or, tant qu’elle était dans l’opposition, Mme Meloni proposait un bloc naval pour empêcher de nouvelles arrivées de migrants ; mais parvenue au gouvernement, elle a dû accepter de leur ouvrir les portes, car ils sont indispensables à l’économie italienne, comme l’indiquent les chiffres du décret qui régule les flux des entrées officielles : 136.000 en 2023, 151.000 en 2024 et 165.000 en 2025. En cela aussi il y a continuité, car les plus grandes vagues de régularisations d’étrangers ont eu lieu sous des gouvernement présidés par Berlusconi en 2002 (presque 700.000) et 2009 (presque 300.000).
Ce qui nous ramène aux exigences concrètes de la base électorale de la droite en général et de la Ligue en particulier. Les jeunes Italiens n’ont aucune envie de s’occuper des petits vieux ni de travailler en usine ou dans la logistique – tous boulots pénibles et mal payés. On embauche donc, des étrangers, sous statut précaire, bien entendu – même si les récentes luttes dans le secteur de la logistique montrent que tout le monde n’est pas prêt à se laisser exploiter sans réagir.

A propos de luttes, on remarquera que lors des récentes grèves et manifestations en solidarité avec la population de Gaza – les plus puissantes qu’ait connues l’Italie ces quarante dernières années – dont certaines des pratiques étaient criminalisées par les lois sécuritaires tout juste adoptées, les interventions policières sont restées dans la moyenne de celles des autres pays européens – donc sans commune mesure avec le niveau de répression qui a mené au fascisme.

Comprendre pour combattre

Une fois établi que les extrêmes droites d’aujourd’hui sont autre chose que le fascisme, reste à savoir comment les combattre. Il s’agit là d’une question politique exigeant des réponses politiques –et non pas morales ou de simple posture, du genre « je ne parle pas aux fascistes ».

Prendre acte de la faiblesse des habituels slogans antifascistes ne veut pas dire « banaliser » le RN et autres FdI ou Ligue du Nord. Il s’agit plutôt d’essayer de comprendre les dynamiques qui ont permis à ces nouveaux partis de s’affirmer malgré l’antifascisme des antifascistes – lequel a d’ailleurs été largement exploité par les partis « de gouvernement » au moment des élections pour se maintenir en place, par la promotion de « barrages » qui ne barraient rien, les robinets alimentant les réservoirs des extrêmes droites étant restés ouverts.

Que le RN ait pu gagner la sympathie de nombreux Français ces dernières années renvoie notamment à ce que les gouvernements Macron ont fait lors des deux dernières grosses secousses sociales. 1) Alors que les gilets jaunes demandaient une forme de protection face à la baisse de leurs revenus réels et plus de démocratie, ils n’ont obtenu comme réponse qu’une répression impitoyable [12]. 2) Lors du Covid, un épisode qui aurait exigé un large débat de société pour répondre aux exigences de clarté et de protection exprimées par la population, Macron a imposé son « nous sommes en guerre », avec confinement et passe sanitaire puis vaccinal pour tous, et promu la « science » très intéressée des laboratoires pharmaceutiques. La détestation de Macron est devenue le meilleur levier pour la montée de Mme Le Pen. Car dans les deux cas, la gauche (et souvent l’extrême gauche) s’est alignée sur les choix gouvernementaux, laissant le RN s’approprier l’essentiel des voix critiques... et la méfiance vis-à-vis de tout le reste de l’échiquier politique grossir de façon exponentielle.

Aujourd’hui que la guerre redevient une perspective pour nos gouvernements « démocratiques », ce sont paradoxalement les extrêmes droites (et la LFI) qui manifestent le plus de réticences à accompagner le mouvement. La complicité avec l’État d’Israël, en revanche, fait l’objet d’une belle unanimité des partis politiques (LFI exceptée).

A tout cela il faut ajouter des considérations plus générales. La mobilisation des masses qui a caractérisé les fascismes a laissé la place à une forme d’individualisation par le biais des médias dominants, d’Internet et des réseaux dits « sociaux ». Nous n’avons plus affaire à un capitalisme d’État comme dans les années 30, mais à un capitalisme conjuguant marchandisation et privatisation des services publics avec un fort niveau d’autoritarisme et de répression. Plus que de totalitarisme, on peut parler d’un capitalisme de contrôle ou de surveillance, favorisé par la collecte systématique de données fournies directement par les individus, par l’informatisation de tout ce qui fait l’appareil des États, jusqu’à l’exploitation à grande échelle des caméras de surveillance, de la reconnaissance faciale et de l’intelligence artificielle.

Évidemment, il faudra toujours être en mesure de se défendre contre les agressions de nervis néo-fascistes. Même si ce ne sont pas ces idiots qui ont la moindre chance d’arriver à gouverner le pays, ils peuvent être utilisés pour entraver l’action politique à la base.
La seule perspective qui me semble porteuse d’espoir est à mon avis la relance des luttes sociales de masse. Ce qui s’est passé en 1995 lors de la bataille contre la réforme Juppé l’illustre bien : le FN s’est trouvé alors cassé en deux, sa base petite-bourgeoise soutenant le gouvernement, sa base ouvrière descendant dans la rue, avec tout le monde.

Le mouvement des gilets jaunes était une occasion de mener de l’intérieur une vraie bataille politique. Elle n’a pas toujours été saisie. Celle qui aurait pu être menée lors du mouvement anti-passe a été presque totalement ratée. Essayons de ne pas répéter les mêmes erreurs.

G. Soriano
Pour le journal Courant alternatif, décembre 2025.

Notes

[1Cet article reprend et développe une partie du texte publié par Courant Alternatif n° 287, de février 2019, « L’Italie d’aujourd’hui : du neuf et du recyclé ».

[2Movimento Sociale Italiano, fondé en décembre 1946 par des anciens fascistes ; il se réclamait de la République sociale, dite de Salò, et du fascisme des origines. Il se dissout en 1995.

[3Son article a été à l’origine publié par The New York Review of Books du 22 juin 1995 sous le titre « Ur-fascism » (https://www.nybooks.com/articles/19...) et ensuite traduit en plusieurs langues.

[4Je pense notamment au colonialisme italien qui se développe en Afrique orientale bien avant le fascisme - et est imbibé de racisme - et, à l’opposé, aux positions exprimées par Pino Rauti au début des années 1990, soutenant que le fascisme est une communauté d’esprit et pas de race, au moment où la Ligue du Nord de Umberto Bossi construisait sa fortune électorale sur un racisme de café du commerce. C’est justement à ce moment-là que le parti néofasciste de Rauti (le MSI) fait son pire score électoral de tout l’après-guerre.

[5Voir Renzo De Felice, Il fascismo : le interpretazioni dei contemporanei e degli storici, Bari, Laterza, 1970, et notamment : Luigi Salvatorelli, Nazionalfascismo, p. 54-63 ; Renzo De Felice, La malattia morale, p. 391-395 ; Benedetto Croce, Chi è fascista, p.397-401.

[6Félicien Faury par exemple, dans Des électeurs ordinaires (Paris, Seuil, 2024), un excellent travail d’enquête sociologique mené en région Paca entre 2016 et 2022, met le doigt sur la question du racisme. Mais le racisme dont il parle est-il du même ordre que le racisme des colonies des années 20-30, le racisme biologique des nazis ou celui des ratonnades des années 50 et 60 ? Celui dont il est question est surtout lié à un sentiment « de ne plus être chez soi », de crise identitaire des habitants locaux, de besoin de trouver un bouc émissaire face à la perte de repères.

[7Pour une analyse qui m’a semblé convaincante, voir l’article de Larry Cohen, Etats-Unis : révolution politique et réorganisation chaotique au sommet du capitalisme, et celui de Jacques Wajnsztejn, Puissance et déclin : la fragile synthèse trumpienne, in : « Temps critiques », n° 23, printemps 2025 (https://blog.tempscritiques.net/arc...).

[8A. Rossi [Angelo Tasca], Naissance du Fascisme. L’Italie de 1918 à 1922, Paris, Gallimard, 1938.

[9Luigi Fabbri, La controrivoluzione preventiva, Bologna, Cappelli, 1922 (trad. française in : Gaetano Manfredonia, La lutte humaine, Paris, Ed. du Monde libertaire, 1994, p ;179-266).

[10Sur la révolution allemande de 1918, Gianni Carrozza, Le mouvement des conseils en Allemagne, in « Contretemps » : https://www.acontretemps.org/spip.php ?

[11Federico Finchelstein, dans Dai Fascismi ai Populismi. Storia, politica e demagogia nel mondo attuale (Roma, Donzelli, 2019), distingue nettement les fascismes qui précèdent la Seconde Guerre mondiale des populismes - héritiers du fascisme - qui acceptent le cadre « démocratique » des élections tout en maintenant une mystique du chef et des pratiques de type totalitaire. Il donne entre autres l’exemple du péronisme argentin, né de la crise du régime libéral-démocratique, qui s’impose par voie électorale et accepte de laisser la place sans violences majeures (pp. 170-174).

[12Voir à ce sujet un petit texte écrit en 2019 à la demande d’amis à l’étranger qui avaient du mal à comprendre ce qui se passait en France : Gato Soriano, Nicole Thé, Les Gilets jaunes : un mouvement qui surprend et continue à interroger, 2019, https://divergences.be/spip.php?art..., traduit aussi en allemand, espagnol et italien.