Nouvelles locales

    La direction de l’usine Bridgestone de Béthune, fabricant de pneus dans le Pas-de-Calais, vient de confirmer la fermeture du site au printemps 2021. Après Continental à Clairoix et Goodyear à Amiens, c’est la troisième usine pneumatique des Hauts-de-France qui ferme en dix ans. Ce que vous lirez ici à propos des ravages du pneu, de ceux de Firestone-Bridgestone en particulier, vous ne l’aurez lu ni dans la presse, ni dans les discours politiques – encore moins dans la littérature patronale ou syndicale. Dénoncer la nocivité de ces emplois quand s’annoncent 35 000 licenciements pour cause de Covid serait aussi malvenu que de détailler les nuisances d’une usine qui ferme. Ce n’est jamais le lieu ni le moment. Au mieux peut-on dénoncer des nuisances lointaines, ailleurs, ou s’inquiéter de la catastrophe écologique en général. L’histoire des industriels Firestone-Bridgestone, du Liberia au bassin minier, de la Ford T aux pneus connectés, et des fonds marins aux poumons du Pas-de-Calais, nous rappelle que depuis la fin du charbon, voici trente ans, les mêmes politiques sont à l’œuvre pour sauver l’emploi et l’industrie, quitte à nous boucher les alvéoles autant que l’horizon. « Reconversion » ou « Transition écologique », le nord ne saurait être qu’une zone industrielle, quel qu’en soit le coût écologique et humain.

Nouvelles globales

    Faut-il sauver la culture ? Faut-il sauver les professionnels du secteur de la culture ? Faut-il sauver la culture des professionnels du secteur ?
    La culture populaire est vraiment vulgaire pour les professionnels de la culture et leur ministère de tutelle qui préfèrent « déconstruire » dans toutes sortes d’expérimentations liant Art, Science et Technologie, jusqu’à mettre en scène les dernières idées postmodernes et transhumanistes. Dans l’article qui suit, récemment publié par la revue Écologie & Politique, vous retrouverez des hommes-machines (comme Dorothée Smith venue du Fresnoy) et des spectacles-machine (ceux de Christophe Rauck, Julien Gosselin et Tiphaine Raffier présentés au Théâtre du nord) livrant un imaginaire au service du monde-machine (celui d’Euratechnologies). Ce sont juste quelques exemples tirés de la métropole lilloise, mais n’importe qui peut faire la même chose chez lui.

  • En 1892, Henri Carrette inaugurait à Roubaix le « socialisme municipal ». En 2014, Piolle lançait de Grenoble l’écologisme métropolitain. Les Verts sont désormais à la tête de neuf grandes villes françaises parmi les plus ravageuses. Quelles sont leurs propositions concernant le développement urbain et les politiques d’attractivité ? Les métropoles seront technologiques et verticales, mais bienveillantes et inclusives. Voici les intentions et C.V. de sept d’entre eux.

  • Pour mémoire et pour nos lecteurs du futur – lors de la prochaine pandémie -, voici trois points d’acquis. 1° L’État français a vendu à l’État chinois des laboratoires et des technologies de cauchemar, dont le laboratoire P4 de Wuhan. 2° Ces laboratoires et ces technologies permettent – entre autres – de manipuler des virus naturels et d’accroître leur dangerosité. 3° De tels laboratoires sont de plus en plus nombreux dans le monde. Des virus s’en échappent constamment.

Histoire & Culture

    Un procès typique du plat pays des marais se jugeait le 9 octobre 2020 au tribunal correctionnel d’Amiens. Trois chasseurs étaient accusés d’avoir volé 120 canards « appelants » dans les propres huttes de leurs collègues. Ces « appelants » servent à attirer les canards sauvages à portée de fusil de leurs propriétaires. Un couple vaut 80 € et il s’en vole des dizaines chaque année, qui alimentent tout un trafic entre la Picardie, les Flandres et les Pays-Bas. Bref, ces vols de canards « appelants » signalent une tradition culturelle commune à un peuple commun, dans un espace géographique commun.
    Coïncidence, c’est également de cet espace que surgit le Picard Jean Calvin (1509-1564), le sombre prophète du protestantisme, qui, après Luther (1483-1546), et après trois siècles de contestations internes à l’Eglise catholique, des Vaudois aux Hussites et Anabaptistes [1], fixe les traits de ce qu’on pourrait nommer la mentalité « orangiste ». Établi d’abord à Genève, le calvinisme impose son dogme impitoyable et une théocratie républicaine qui va modeler la communauté réformée, politiquement et économiquement, et par conséquent tous les pays où elle impose sa domination. Que ce soit en Suisse, aux Pays-Bas, en Angleterre, en Écosse, en Amérique et jusqu’en Afrique du sud.
    Et les voleurs de canards, alors ? Ils ont été condamnés à quelques centaines d’euros d’amende et à des travaux d’intérêt général. Ce n’est pas cher. Les chasseurs passent des années à dresser leurs « appelants » et leur sont passionnément attachés. Les coupables auraient fort bien pu finir lardés de plomb, au fond de l’eau.

  • Avant Calvin, il y a Luther, et avant Luther, Arnaud de Brescia, Valdo de Lyon, Wyclif d’Oxford, Jan Hus de Prague, qu’il faut évoquer pour comprendre ces sectes néerlandaises, terreau de l’orangisme. La Réforme protestante sera l’aboutissement, peut-on dire, d’une longue histoire d’émeutes et de jacqueries contre l’accaparement du dogme et des richesses chrétiennes. Contemporains et successeurs du mouvement communal, les Vaudois, les Cathares, les Jacques, les Hussites de Prague et les Picards de Bohème, plus ou moins anarcho-communistes, mais toujours pauvres pêcheurs, annoncent le schisme de la Réforme protestante et son esprit de l’industrialisme.

  • Renart profite d’un Plan de relance à cent milliards pour présenter sa contribution à l’écriture du spectacle L’Apocalypse selon Günther mis en scène par Louise Wailly. La scène se déroule au sein du « Projet Manhattan », le programme industriel et scientifique le plus cher de l’histoire. Avec ce projet débuté dans le secret en 1941, les États-Unis fondent leur puissance nucléaire et électrique, referment une décennie de chômage de masse, et ouvrent la voie à la société de consommation. En 2020, dans une mesure moindre, l’État français use de sa puissance organisatrice et financière pour numériser le pays à marche forcée et tuer dans l’œuf, espère-t-il, la récession provoquée par la pandémie de COVID-19. Deux époques, une recette : la mobilisation de la recherche et de l’industrie, civiles comme militaires.