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		<title>Chez Renart</title>
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		<title>La betterave, la gauche, le peuple - et nous</title>
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		<dc:creator>Renart</dc:creator>


		<dc:subject>Tereos</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En d&#233;pit de l'&#233;cocide de l'Escaut, aucun &#233;lu n'a manqu&#233; pour d&#233;fendre la sucrerie d'Escaudoeuvres &#224; l'annonce de sa fermeture. Celle-ci ferait la prosp&#233;rit&#233; des gens du Nord et participerait d'un patrimoine digne d'&#234;tre d&#233;fendu &#8211; demandez &#224; la DRAC.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://renart.info/-Nouvelles-locales-" rel="directory"&gt;Nouvelles locales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renart.info/+-Tereos-+" rel="tag"&gt;Tereos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://renart.info/local/cache-vignettes/L150xH104/napoleon_a_la_vieille_bourse_large-f6c47.jpg?1773069702' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 12 janvier 2023, la coop&#233;rative sucri&#232;re Tereos est condamn&#233;e &#224; une amende record d'un demi-million d'euros pour l'&#233;cocide de l'Escaut en 2020&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Nos betteraviers sont des tueurs &#187;, Chez Renart, 13 janvier 2023.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en sus des neuf millions de dommages et int&#233;r&#234;ts. Que ce soit au moment de la catastrophe, lors de l'audience en d&#233;cembre 2022, ou du d&#233;lib&#233;r&#233; quelques semaines plus tard, on n'a vu ni le d&#233;put&#233; local ni le maire exiger des comptes du deuxi&#232;me groupe sucrier mondial devant une foule vengeresse. Non plus qu'on n'a entendu le &#171; d&#233;put&#233; reporter &#187; Fran&#231;ois Ruffin, dans sa cuisine ou aux portes de l'usine, d&#233;noncer les m&#233;faits du sucre sur la sant&#233; et de Tereos sur la vie. On n'a pas vu le ministre de l'industrie Roland Lescure taper du poing en sous-pr&#233;fecture, ni Xavier Bertrand, pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional, d&#233;filer dans les rues. Le pr&#233;sident des Hauts-de-France pr&#233;f&#233;rant manifester &#224; Paris le 7 f&#233;vrier 2023, juch&#233; sur les tracteurs des betteraviers pour d&#233;fendre l'&#233;pandage de n&#233;onicotino&#239;des : &#171; Il n'est pas question de faire les m&#234;mes conneries sur l'agriculture que sur le nucl&#233;aire ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'inverse, aucun &#233;lu n'a manqu&#233; pour d&#233;fendre l'usine &#224; l'annonce de la fermeture de la sucrerie d'Escaud&#339;uvres le 7 mars suivant. A entendre nos repr&#233;sentants du peuple, non seulement celle-ci ferait la prosp&#233;rit&#233; des gens du Nord, mais elle participerait d'un patrimoine digne d'&#234;tre d&#233;fendu &#8211; demandez &#224; la DRAC (Direction r&#233;gionale des affaires culturelles), appel&#233;e &#224; la rescousse de l'usine pendant les proc&#232;s pour relancer le mythe de la betterave sucri&#232;re, imp&#233;riale et napol&#233;onienne. Seul &lt;i&gt;Renart&lt;/i&gt; s'&#233;chine &#224; briser le silence d'une r&#233;gion, de ses habitants et ses &#233;lus, sur leurs m&#233;faits.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pollution historique, amende record. Le 9 avril 2020, un bassin de d&#233;cantation de la sucrerie d'Escaud&#339;uvres d&#233;verse 100 000 m&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; d'eau contamin&#233;e dans l'Escaut. Le pr&#233;fet n'ayant pas pr&#233;venu les autorit&#233;s belges, la pollution a tout loisir de passer les &#233;cluses, descendre la rivi&#232;re, et supprimer toute trace de vie sur plus de 70km, poissons, batraciens, libellules. Les services belges ramassent 70 tonnes de poissons morts sur leur tron&#231;on de 36 km, et les fran&#231;ais 13 tonnes. La r&#233;gion wallonne s'associe alors &#224; des associations fran&#231;aises pour attenter un proc&#232;s &#224; Tereos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois ans plus tard, le 12 janvier 2023, le juge inflige neuf millions d'euros de dommages et int&#233;r&#234;ts pour restauration de la rivi&#232;re, et une amende de 500 000 euros &#8211; laissant l'&#201;tat fran&#231;ais, lui aussi muet depuis le d&#233;but, sauf de toute responsabilit&#233; pour sa n&#233;gligence. L'avocat des betteraviers se r&#233;jouit que le montant soit &#171; tr&#232;s inf&#233;rieur aux demandes qui ont &#233;t&#233; faites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France Bleu Nord, 12 janvier 2023.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est tout de m&#234;me plus que la derni&#232;re grande catastrophe &#233;cologique survenue en France, le naufrage de l'Erika en 1999, qui avait valu &#224; Total une amende de 375 000 euros, soit 424 000 euros d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 123 salari&#233;s et les habitants d'Escaud&#339;uvres s'appr&#234;taient &#224; c&#233;l&#233;brer les 150 ans de leur sucrerie quand Tereos annonce sa fermeture le 7 mars, &#224; peine deux mois apr&#232;s le d&#233;lib&#233;r&#233;. Ces &#233;lus qui n'avaient rien dit, et rien &#224; dire, sur la catastrophe de Tereos, se pr&#233;cipitent pour d&#233;noncer sa fermeture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; De l'Escaut &#224; l'Amazonie : Beghin-Say ou la catastrophe permanente &#187;, Chez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Parmi les tr&#233;molos, ceux du d&#233;put&#233; Guy Bricout et du maire Thierry Bouteman :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cambrai, terre agro-alimentaire depuis 150 ans : c'est notre pass&#233;, c'est notre pr&#233;sent, et nous croyons que c'est notre avenir. Nous demandons l'arr&#234;t de tout processus qui conduirait &#224; la fermeture de notre sucrerie &#224; Escaud&#339;uvres. Il faut &#234;tre d&#233;connect&#233;, ou perdre confiance, pour prendre une telle d&#233;cision. Je ne les crois pas d&#233;connect&#233;s, je crois qu'ils ont perdu confiance. Pas nous. Pas les sucriers, pas les saisonniers, pas les int&#233;rimaires, pas les sous-traitants depuis 150 ans. Pas les &#233;lus, pas les habitants.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En &#233;cho, le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'industrie Roland Lescure se d&#233;place quelques jours plus tard pour d&#233;clarer que &#171; l'industrie, c'est une arme anti-col&#232;re, l'industrie c'est une arme d'espoir. &#187; Il annonce trois millions d'euros pour un &#171; rebond industriel dans le Cambr&#233;sis &#187;. Puis c'est au s&#233;nateur communiste Eric Bocquet de rappeler combien &#171; la sucrerie, c'est l'ADN de la commune &#187; (bonjour le diab&#232;te), une &#171; v&#233;ritable institution dans l'arrondissement de Cambrai &#187;, dont l'&#171; histoire &#187; et la &#171; richesse &#187; rendent sa fermeture &#171; particuli&#232;rement violente &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ericbocquet.fr&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chacun sa partition, mais le premier arriv&#233; devant l'usine pour donner le ton, c'est l'&#171; insoumis &#187; ami&#233;nois Fran&#231;ois Ruffin : la betterave &#224; sucre serait selon notre &#171; d&#233;put&#233; reporter &#187;, comme il se pr&#233;sente, une &#171; production industrielle qui appartient &#224; notre patrimoine &#187; national, un fruit de &#171; l'intelligence humaine &#187; invent&#233; pendant le blocus continental entre 1806 et 1815, justifiant par l&#224; que &#171; l'&#201;tat intervienne dans l'&#233;conomie, construise des fili&#232;res dans la dur&#233;e, et fasse que les vies, les usines, l'&#233;conomie ne d&#233;pendent pas seulement des cours de bourse. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Si les cours de bourse ne doivent pas d&#233;cider de la fermeture d'une usine (dont le groupe Tereos empoche cette ann&#233;e des profits records : 6,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur 2022/2023, +29 % en un an), au nom de quoi doit-elle tourner ? Son utilit&#233; sociale ? Son histoire centenaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; d&#233;put&#233;-reporter &#187; attaque son discours-reportage par la glorification de l'&#233;pop&#233;e scientifique du sucre. Nous, on commencerait plut&#244;t par toutes ces maladies de l'agro-industrie, et du sucre en particulier, qui repr&#233;sentent d&#233;sormais la premi&#232;re cause de mortalit&#233; dans le monde. Savez-vous, lecteur, qu'entre le diab&#232;te, l'ob&#233;sit&#233;, les maladies cardiovasculaires et l'hypertension art&#233;rielle, la bouffe tue d&#233;sormais plus que la faim ! Vu la progression actuelle du diab&#232;te (+ 4,5 % par an en France par exemple), la revue scientifique &lt;i&gt;The Lancet&lt;/i&gt; pr&#233;dit 1,3 milliard de malades du sucre en 2050 dans le monde - presque 10 % de la population mondiale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 24 juin 2023.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Du sucre, on en trouve partout, dans les sodas bien s&#251;r, mais aussi dans les chips, les pizzas, le pain de mie, le pesto, et toutes les p&#226;t&#233;es pr&#233;par&#233;es. Le sucre, c'est la drogue de l'industrie alimentaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Accordons &#224; Ruffin qu'avec une telle entr&#233;e en mati&#232;re &#8211; &#171; Vous &#234;tes la premi&#232;re cause de mortalit&#233; dans le monde &#187; &#8211;, l'accueil eut &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;. Mieux vaut seriner combien la betterave, comme toute autre nuisance industrielle, est objet de &lt;i&gt;fiert&#233;&lt;/i&gt; dans une r&#233;gion de &lt;i&gt;labeur&lt;/i&gt; et pour un peuple &lt;i&gt;courageux&lt;/i&gt;. Ce que Ruffin rab&#226;che depuis dix ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. M&#233;tro, Boulot, Chimio, Collectif, Le monde &#224; l'envers, 2012. Cancer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qu'il est venu rab&#226;cher sur les lieux m&#234;mes d'une catastrophe historique qui &#233;limina toute trace de vie sur 70 km, des poissons aux batraciens :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s me disent combien ils aiment leur travail, combien ils aiment le sucre. Je pense que cet amour du m&#233;tier, quand on est prof, soignant ou dans l'industrie... faut pas croire que le travail ce soit seulement un salaire. C'est aussi un amour de son m&#233;tier. Les gens me disent : &#034;Tereos, c'est notre famille, c'est notre maison, on y est bien, on est pr&#234;ts &#224; passer quatre no&#235;ls d'affil&#233;e sans voir nos enfants. Mon gamin il a quatre ans et je n'ai pas pass&#233; un seul no&#235;l avec lui. On est pr&#234;ts &#224; faire 190 heures par mois pour faire le boulot&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Accordons encore que douze heures de turbin, que l'on soit salari&#233; d'une sucrerie ou esclave d'un champ de canne &#224; sucre, finissent en effet par cr&#233;er des liens fraternels, mais ne peut-on jamais dans ce Nord fun&#232;bre tisser de liens fraternels ailleurs que dans les tranch&#233;es, au fond des mines, ou sur une ligne de production ? Sommes-nous &#224; jamais enferm&#233;s dans un roman de Zola ou de Van der Meersch ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il en a fallu des mensonges, des r&#233;cits grandioses et des mythes fondateurs, r&#233;p&#233;t&#233;s de gauche &#224; droite, par les patrons et parfois par les ouvriers, pour excuser les saloperies dont on se rend coupable ou consentir &#224; son exploitation. Demandez aux combattants de la &#171; Bataille du charbon &#187;, quand les mines nationalis&#233;es, g&#233;r&#233;es par un accord gaullo-communiste, restauraient le salaire &#224; la t&#226;che, augmentaient les cadences, les taux de silicose et de mortalit&#233;, en &#233;change de cong&#233;s pay&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le film Morts &#224; 100 % : post-scriptum, de Tomjo et Modeste Richard, 45 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Est-ce l&#224; votre &#171; progr&#232;s &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, Ruffin et ses pareils, qui n'ont pas perdu leurs quatre derniers no&#235;ls dans la m&#233;lasse, entendent utiliser &#171; l'histoire grandiose du sucre de betterave &#187; afin de justifier le sauvetage de l'industrie betteravi&#232;re. Mais &lt;i&gt;c'est un mythe&lt;/i&gt; que l'invention du sucre de betterave par Benjamin Delessert, et la cr&#233;ation d'une fili&#232;re sucri&#232;re par un Plan d'investissements de Napol&#233;on. Une mystification que &lt;i&gt;Le Betteravier fran&#231;ais&lt;/i&gt; propage &#224; l'envi pour justifier l'&#339;uvre sup&#233;rieure de la corporation devant ses calomniateurs &#233;cologistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quand Napol&#233;on engageait la bataille du sucre &#187;, 31 janvier 2023.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; r&#233;p&#232;te pour magnifier le G&#233;nie technoscientifique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La Bataille du sucre &#187;, Le Monde, 10 septembre 2007.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi que &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, le journal de Fran&#231;ois Ruffin, pour c&#233;l&#233;brer le volontarisme &#233;tatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fakir, mai-juin 2023.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reprenons donc depuis le d&#233;but la v&#233;ritable histoire du sucre de betterave, bien plus passionnante que la fausse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Arnaque imp&#233;riale chez les sucriers lillois&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Ou le mythe de la betterave napol&#233;onienne&lt;/i&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Suivant la version courante, le prix du sucre sur le continent aurait &#233;t&#233; multipli&#233; par dix &#224; la suite du blocus continental d&#233;cr&#233;t&#233; en 1806 contre l'Angleterre par Napol&#233;on. La canne &#224; sucre, cultiv&#233;e par des esclaves, arrivait jusqu'alors des Antilles, avant d'&#234;tre raffin&#233;e en m&#233;tropole. Il aurait fallu trouver d'urgence une solution &#224; la p&#233;nurie. Sur les conseils du c&#233;l&#232;bre chimiste Jean-Antoine Chaptal, Napol&#233;on signe le 25 mars 1811 un d&#233;cret d'encouragement de la betterave &#224; sucre : il r&#233;serve 32 000 hectares de culture &#224; la betterave, dont 4 000 dans le nord de la France et en Wallonie (alors fran&#231;aise), et promet un prix d'un million de francs &#224; qui ram&#232;nerait le premier pain de sucre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vient ensuite la sc&#232;ne l&#233;gendaire. Le 2 janvier 1812, Chaptal court chez l'empereur. Un industriel vers&#233; dans la science, Benjamin Delessert, aurait relev&#233; le &lt;i&gt;challenge&lt;/i&gt; dans son usine de Passy. L'empereur et le chimiste se seraient h&#226;t&#233;s pour admirer les pains de sucre et, dans son enthousiasme, Napol&#233;on aurait d&#233;croch&#233; sa propre croix de la L&#233;gion d'honneur pour en d&#233;corer Delessert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moralit&#233; : dans l'adversit&#233; de la guerre et de la p&#233;nurie, l'&#339;uvre conjugu&#233;e d'un chef d'&#201;tat volontaire (Napol&#233;on), d'un scientifique comp&#233;tent (Chaptal) et d'un industriel ing&#233;nieux (Delessert), nous aurait offert le premier pain de sucre de betterave &#8211; et l'abondance &#224; port&#233;e de main.&lt;br class='autobr' /&gt;
A peu pr&#232;s tout est faux. En r&#233;tablissant certains faits, en observant les autres d'un autre point de vue, on d&#233;couvre en r&#233;alit&#233; une sombre affaire de vol industriel et de copinage au plus haut de l'&#201;tat, suivie d'une lamentable d&#233;faite commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_312 spip_documents spip_documents_center media media_vignette'&gt;&lt;a href='https://renart.info/IMG/jpg/napoleon-2.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;jpg/napoleon-2.jpg&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://renart.info/local/cache-vignettes/L449xH599/napoleon-2-9b7bc.jpg?1772828691' height='599' width='449' alt='JPEG - 89.3 kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Napol&#233;on 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt;, protecteur de l'agriculture et de l'industrie,&lt;br class='autobr' /&gt;
Bronze, Henri Lemaire, 1854, Palais des Beaux-arts de Lille.&lt;/div&gt;&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Premier mythe : l'urgence du blocus&lt;/i&gt;. Dans un article assez complet sur le sucre de betterave, l'historien Ludovic Laloux est formel :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;vaut souvent l'id&#233;e que le blocus britannique instaur&#233; en 1806 aurait emp&#234;ch&#233; de d&#233;barquer du sucre dans les ports fran&#231;ais et, en r&#233;action, donn&#233; l'id&#233;e &#224; Napol&#233;on d'encourager la production de sucre &#224; partir de la betterave. Or, la premi&#232;re intervention de l'Empereur en ce sens date de 1811. En fait, d&#232;s 1791, la situation saccharif&#232;re s'av&#232;re plus complexe en Europe avec un effondrement des approvisionnements en sucre de canne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La bataille du sucre ou la d&#233;faite m&#233;connue de Napol&#233;on Ier &#187;, Ludovic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cet effondrement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les remous de la R&#233;volution fran&#231;aise, les esclaves de Saint-Domingue s'insurgent fin ao&#251;t 1791 et obtiennent leur affranchissement. La main d'&#339;uvre se rebiffe. Le prix du sucre explose. Il faut s'imaginer Saint-Domingue comme une &#238;le-usine, et m&#234;me la premi&#232;re du monde. 500 000 esclaves produisent &#224; la veille de l'insurrection 80 000 tonnes de canne &#224; sucre par an (&#224; titre de comparaison, 600 000 esclaves travaillent alors dans les colonies am&#233;ricaines)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Histoire : les Antilles fran&#231;aises, le sucre et la traite des esclaves &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une &#171; crise du sucre &#187; &#233;clate immanquablement &#224; Paris en janvier 1792. Les femmes attaquent les commerces, les hommes la police, puis on r&#233;clame du pain. Rien d'original. On peut recommencer la sc&#232;ne autant que vous voulez, avec du Nutella ou des paquets de cigarettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le blocus ? En 1810, quatre ans apr&#232;s son instauration, dans une lettre &#224; son fr&#232;re Louis-Napol&#233;on, l'empereur doit admettre l'efficacit&#233; de la contrebande : &#171; C'est une erreur de croire que la France souffre de l'&#233;tat actuel. Les denr&#233;es coloniales sont en si grande quantit&#233; qu'elle ne peut pas en manquer de longtemps, et le sirop de raisin et le miel suppl&#233;ent partout au sucre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Ludovic Laloux, art. cit.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le blocus n'inqui&#232;te en rien l'empereur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Deuxi&#232;me mythe : l'invention du sucre de betterave&lt;/i&gt;. A partir des d&#233;couvertes du chimiste Andreas Marggraf, son ma&#238;tre, le chimiste prussien Franz Achard, fils de huguenots du Dauphin&#233; et membre de l'Acad&#233;mie royale des sciences, plante ses premi&#232;res betteraves &#224; sucre en 1796. Le roi Fr&#233;d&#233;ric-Guillaume III lui accorde un terrain et des subsides pour une premi&#232;re raffinerie en 1801. L'Allemagne est la plus avanc&#233;e dans le sucre local. Son proc&#233;d&#233; inqui&#232;te le gouvernement anglais, producteur et importateur de sucre de canne, qui se lance dans une man&#339;uvre de d&#233;stabilisation industrielle. Il tente de soudoyer Achard, contre 50 000 &#233;cus d'abord puis 200 000 ensuite, afin que ce dernier publie un article scientifique d&#233;nigrant ses propres recherches. L'honn&#234;te Achard refuse et il revient au chimiste anglais Humphry Davy d'expliquer combien la betterave sera &#224; jamais impropre &#224; la consommation.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; d&#233;sinformation &#187; para&#238;t fonctionner. En France, l'Acad&#233;mie des sciences sabote ses propres recherches sur la betterave, et Parmentier, le c&#233;l&#232;bre pharmacien picard qui fit le succ&#232;s de la pomme de terre, milite encore en 1805 en faveur d'un sucre extrait du raisin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pr&#233;curseurs fran&#231;ais du sucre de betterave ne sont pas &#224; l'Acad&#233;mie, ni dans les salons imp&#233;riaux, mais &#224; Lille, &#224; Douai et en Alsace. Leurs Soci&#233;t&#233;s d'agriculture connaissent depuis longtemps la betterave fourrag&#232;re et suivent de pr&#232;s les progr&#232;s du raffinage de la betterave r&#233;alis&#233;s en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Le scientifique Fran&#231;ois Thierry expose ses recherches dans &lt;i&gt;La Feuille de Lille&lt;/i&gt; en avril 1810, et r&#233;colte ses premiers pains de sucre &#224; l'automne. Exp&#233;rience concluante au point que le pr&#233;fet du Nord envoie des &#233;chantillons au ministre de l'Int&#233;rieur Montalivet le 7 novembre, et cette lettre &#224; M. Thierry : &#171; Votre sucre a la couleur, le grain, le brillant, j'ose dire m&#234;me la saveur de celui des colonies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le ministre Montalivet envoie &#224; son tour remerciements et gratification au Lillois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours plus tard, le 19 novembre, un pharmacien peu scrupuleux pr&#233;sente devant l'Acad&#233;mie des sciences de Paris deux pains de sucre sortis myst&#233;rieusement du laboratoire du chimiste Jean-Pierre Barruel, chercheur &#224; l'&#201;cole de m&#233;decine de Paris. L'affaire est bidon et Barruel confondu en &#171; charlatanisme &#187; par ses pairs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre d'Andriel et Wolft au ministre de l'Int&#233;rieur, 18 juillet 1813, cit&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle prouve cependant que les milieux scientifiques parisiens s'int&#233;ressent &#224; la betterave sucri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au m&#234;me moment, les commer&#231;ants lillois Crespel, Dellisse et Parsy am&#233;liorent les proc&#233;d&#233;s d'Achard, d'abord en s&#233;parant le sucre de la m&#233;lasse gr&#226;ce &#224; une presse &#224; vis, puis en utilisant le charbon animal (de l'os calcin&#233;) pour blanchir le sucre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Industrie sucri&#232;re indig&#232;ne et son v&#233;ritable fondateur, Pierre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils remettent leur premier pain de sucre en d&#233;cembre 1810 au maire de Lille, M. Brigode, puis installent leur sucrerie rue de l'Arc, dans le Vieux-Lille. En f&#233;vrier 1811, un pharmacien lillois du nom de Drapiez parvient &#233;galement &#224; tirer deux pains de sucre de qualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 10 janvier, le ministre Montalivet vante aupr&#232;s de l'empereur les progr&#232;s du sucre de betterave&#8230; dans les pays germaniques, sans mentionner les Lillois. Quand deux mois plus tard, Napol&#233;on (aid&#233; de Chaptal) publie son fameux d&#233;cret &#224; un million de francs, il sait qu'&#224; Lille on fabrique des pains de sucre de qualit&#233; commercialisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Troisi&#232;me mythe : l'empereur visionnaire&lt;/i&gt;. Pour saisir l'entourloupe, il faut s'attarder sur la culture de la betterave. La betterave se plante fin mars. Un campagne de production suivant un d&#233;cret sign&#233; le 25 du m&#234;me mois n'a donc aucune chance de r&#233;ussir. Il aurait fallu de surcro&#238;t disposer d'un stock de graines que la France ne poss&#232;de pas : la betterave est bisannuelle, elle ne fleurit et ne donne de graines qu'une ann&#233;e sur deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, connaissant la nature assez peu aventureuse des paysans, il est compr&#233;hensible que ceux-ci s'abstiennent de cultiver en grande quantit&#233;, et du jour au lendemain, une esp&#232;ce inconnue. Enfin, le peu de betteraves r&#233;colt&#233;es &#224; l'automne 1811 s'entasse devant des raffineries inexistantes ou des raffineurs encore incomp&#233;tents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, la &lt;i&gt;planification&lt;/i&gt; de la betterave &#224; sucre ressemble davantage &#224; un caprice d'empereur qu'&#224; une d&#233;cision m&#251;rement &#233;tablie par un technocrate visionnaire. Dans son rapport du 30 d&#233;cembre 1811, Montalivet doit masquer le fiasco. C'est alors que Napol&#233;on se tourne vers Chaptal pour sa politique sucri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quatri&#232;me mythe : l'&#233;pisode de l'intr&#233;pide Benjamin Delessert&lt;/i&gt;. Jean-Antoine Chaptal est en 1811 un chimiste r&#233;put&#233;, professeur &#224; l'&#233;cole Polytechnique, membre de l'Acad&#233;mie fran&#231;aise, mais aussi l'ancien ministre de l'Int&#233;rieur de Napol&#233;on de 1801 &#224; 1804 &#8211; auteur de cette loi qui instaura le d&#233;partement, l'arrondissement, le canton, et la commune. Chaptal est enfin un industriel d'acide sulfurique, et le propri&#233;taire depuis 1806 de terres et d'une raffinerie de betterave &#224; sucre dans l'Indre-et-Loire. C'est en bref, au sens le plus actuel du mot un &lt;i&gt;technocrate&lt;/i&gt; polyvalent. Tout &#224; la fois scientifique, politique et entrepreneur, jouant successivement et simultan&#233;ment de ces diverses comp&#233;tences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre historien r&#233;sume la politique betteravi&#232;re fran&#231;aise : &#171; Non seulement il [Chaptal] est &#224; l'origine de tous les d&#233;crets qui lui ont donn&#233; naissance mais encore il l'a pratiqu&#233;e lui-m&#234;me &#224; Chanteloup, sur ses propres terres, d&#232;s 1806&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sucre de betterave et l'essor de son industrie : Des premiers travaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Un banal conflit d'int&#233;r&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaptal a pour ami proche Benjamin Delessert, riche banquier issu d'une riche famille suisse et calviniste de banquiers, propri&#233;taire d'une usine textile &#224; Passy. Sa m&#232;re &#233;tait amie avec Benjamin Franklin, et lui-m&#234;me rencontra Adam Smith et James Watt pendant son voyage d'&#233;tudes en &#201;cosse. Delessert fut maire du 3&#232;me arrondissement de Paris en 1800 et avait d&#233;j&#224; mont&#233; une raffinerie de sucre de canne en 1801 alors que son cousin Armand &#339;uvrait lui-m&#234;me dans le raffinage, &#224; Nantes, avec Louis Say (future B&#233;ghin-Say, future Tereos). En 1801, Delessert avait aid&#233; Chaptal, alors ministre de l'Int&#233;rieur, &#224; monter sa Soci&#233;t&#233; d'encouragement pour l'industrie nationale, puis avait &#233;t&#233; nomm&#233; R&#233;gent de la Banque de France en 1802. Voil&#224; le C.V. de nos deux combinards quand l'empereur s'appr&#234;te &#224; soutenir la production betteravi&#232;re de son premier d&#233;cret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de l'ann&#233;e 1811, la raffinerie du Vieux-Lille a d&#233;j&#224; produit 500 kilos de sucre, et elle en produira 10 000 l'ann&#233;e suivante. Ainsi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1812, Derosne [un chimiste proche de l'Empereur] et Chaptal arriv&#232;rent &#224; Lille avec mission d'y installer une sucrerie, leur surprise fut extr&#234;me en apprenant, d&#232;s leur arriv&#233;e, que le probl&#232;me &#233;tait r&#233;solu et que la petite fabrique de Crespel et Parsy fonctionnait depuis pr&#232;s de deux ann&#233;es. Ils s'en retourn&#232;rent &#224; Paris, mais il ne para&#238;t pas qu'ils aient averti Napol&#233;on de ce qu'ils avaient vu, car les industriels lillois n'entendirent point parler de la r&#233;compense promise. Celle-ci fut d&#233;cern&#233;e, la m&#234;me ann&#233;e, &#224; B. Delessert qui, occup&#233; des m&#234;mes recherches, obtint, mais deux ans plus tard, les m&#234;mes r&#233;sultats que Crespel et Parsy. [&#8230;] Il est bon de constater qu'au moment m&#234;me o&#249; Delessert &#233;tait suppos&#233; d&#233;couvrir le moyen de tirer du sucre de la betterave en 1812, Crespel et Parsy livraient d&#233;j&#224; r&#233;guli&#232;rement leurs produits, &#224; raison de 10 000 kilogrammes par an, &#224; la consommation, pr&#233;cise un &lt;i&gt;Dictionnaire encyclop&#233;dique et biographique de l'Industrie et des arts industriels&lt;/i&gt; de 1883&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dictionnaire encyclop&#233;dique et biographique de l'Industrie et des arts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quand Napol&#233;on d&#233;barque chez Delessert, celui-ci vient d'extraire 74kg de sucre &#224; partir de cinq tonnes de betteraves, soit la quantit&#233; produite un an auparavant par les Lillois. Le duo Chaptal-Delessert semble bien avoir intrigu&#233; pour se r&#233;server le million &#224; investir dans le sucre. En 1812, Chaptal double ses terres de betterave, qui passent &#224; cinquante hectares. Il y r&#233;colte vingt tonnes par hectare, emploie seize personnes, et pr&#233;tend utiliser le proc&#233;d&#233; invent&#233; par Delessert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Delessert quant &#224; lui ajoute le sucre de betterave &#224; ses multiples affaires. Il fondera en 1818 la Caisse d'&#201;pargne et &#8211; comme cette histoire est d&#233;cid&#233;ment riche de ricochets ! &#8211; notre populaire Livret A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cinqui&#232;me et dernier mythe : le Plan qui cr&#233;a la fili&#232;re&lt;/i&gt;. Le 15 janvier 1812, Napol&#233;on signe un second d&#233;cret qui cette fois r&#233;serve 100 000 hectares de terres &#224; la betterave, offre 500 licences de raffinage, et cr&#233;e quatre raffineries imp&#233;riales. La France doit trouver 500 tonnes de graines qu'elle n'a pas, et les paysans sont d'autant plus r&#233;ticents que la campagne pr&#233;c&#233;dente fut d&#233;sastreuse. Seuls 13 000 hectares sont plant&#233;s. La r&#233;colte atteint p&#233;niblement 1,5t de sucre, 27 % de plus que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#233;rial fiasco de Napol&#233;on cesse l&#224;. La guerre l'appelle, il perd et abdique au printemps 1814. Les rois Bourbons installent leur Restauration. Fin du blocus. La politique betteravi&#232;re fran&#231;aise est enterr&#233;e. Les faillites se multiplient. Seul le Nord continue de planter de la betterave sucri&#232;re, et le Lillois Crespel, parti &#224; Douai, demeure longtemps l'unique fabricant de sucre de betterave de France. Il r&#233;siste tant et si bien au &#171; lobby &#187; du sucre colonial qu'un boulevard porte aujourd'hui son nom &#224; Arras, o&#249; tr&#244;ne sa statue. Le mythe napol&#233;onien est quant &#224; lui bien plus r&#233;pandu. On doit au patronat lillois, en 1854, un bronze de Napol&#233;on premier du nom, aux pieds duquel sont grav&#233;s les d&#233;crets relatifs &#224; la betterave, ainsi qu'une grosse betterave. La statue est rest&#233;e jusqu'en 1976 au milieu de la Vieille Bourse, sur la Grand'Place de Lille, avant d'&#234;tre remis&#233;e dans la rotonde Napol&#233;on du Palais des Beaux-Arts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'invention du sucre de betterave par Napol&#233;on est devenue un mythe au XIX&#176; si&#232;cle, il s'agit d'abord d'un mythe patronal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peine &#224; le saisir, mais la &#171; question des sucres &#187; est pendant la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&#176; si&#232;cle un sujet politique des plus &#233;pineux. Le roi Louis-Philippe taxe le &#171; sucre indig&#232;ne &#187; en 1838 et va jusqu'&#224; menacer d'interdiction le commerce de betterave. La bataille est commerciale autant qu'id&#233;ologique. Avec la canne &#224; sucre, les armateurs, les ports et les propri&#233;taires coloniaux d&#233;fendent les rentes de leur vieille &#233;conomie agraire/f&#233;odale, et donc la monarchie. Avec le &#171; sucre indig&#232;ne &#187; extrait de la betterave, les industriels d&#233;fendent une nouvelle &#233;conomie plus dynamique, plus scientifique, plus moderne, et donc un syst&#232;me politique bourgeois. Contre les monarchistes, les rentiers, les esclavagistes, et les Anglais : la betterave !&lt;br class='autobr' /&gt;
Louis-Napol&#233;on publie en 1842, depuis sa ge&#244;le picarde du fort du Ham, une &lt;i&gt;Analyse de la question des sucres&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A retrouver ici.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Faut-il favoriser le travail des esclaves ou celui des ouvriers fran&#231;ais libres ? &#171; Il est impossible d'arr&#234;ter la marche de la civilisation, r&#233;pond le futur empereur, et de dire aux hommes de couleur qui vivent sous la domination fran&#231;aise : &#8216;'Vous ne serez jamais libres.'' &#187; Vive la betterave.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que la production fran&#231;aise ne passe que de 4 000 tonnes de sucre en 1814 &#224; 10 000 en 1830, la production d&#233;colle avec l'arriv&#233;e de Louis-Napol&#233;on sur le tr&#244;ne. De 26 000 tonnes en 1841, elle passe &#224; 92 000 tonnes en 1850, monte &#224; 381 000 &#224; la fin de l'empire en 1870, pour atteindre le million en 1900, avant que la guerre 14-18 ne d&#233;truise 75 % des sucreries, concentr&#233;es dans le nord de la France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sucre de betterave et l'essor de son industrie... &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'actuelle union sacr&#233;e de la betterave devait d&#233;poser une gerbe aux pieds d'un empereur, c'est &#224; ceux de Louis-Napol&#233;on III qu'il faudrait la d&#233;poser, tant la production betteravi&#232;re explose sous le second empire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les promesses de paradis terrestre &#224; Escaud&#339;uvres et dans le monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2022, deux ans apr&#232;s la catastrophe, et &#224; quelques semaines du proc&#232;s, la Direction r&#233;gionale des affaires culturelles (la DRAC) envoie ses artistes en r&#233;sidence dans le Cambr&#233;sis pendant six mois pour &#171; une s&#233;rie d'actions permettant aux habitants une meilleure appr&#233;hension et compr&#233;hension de la sucrerie d'Escaud&#339;uvres et de son &#8216;'&#233;cosyst&#232;me'' dans le cadre des 150 ans &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que peut-on attendre d'un &#171; laboratoire original d'action culturelle patrimoniale &#187; en lien &#171; avec la sucrerie et les tissus agricole et &#233;conomique &#187;, sinon une couche de caramel sur un tas d'ordures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appel &#224; candidature &#171; Une sucrerie, un territoire &#187;, culture.gouv.fr, 29 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Des questions se posent, trop simples sans doute pour les esprits &lt;i&gt;raffin&#233;s&lt;/i&gt;. En un si&#232;cle et demi, la sucrerie a-t-elle fait d'Escaud&#339;uvres un pays de Cocagne pour habitants combl&#233;s ? Vivait-on mieux dans la r&#233;gion, ou moins bien, avant la monoculture de la betterave ? Quel bilan tirer de l'industrie alimentaire pour le canton, pour la r&#233;gion et pour le monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons que vous rejoigniez Cambrai en voiture depuis Amiens : que vous preniez l'autoroute &#224; P&#233;ronne ou la nationale par Albert, vous traversez la m&#234;me d&#233;solante plaine agro-industrielle, une terre lourde d&#233;sertifi&#233;e aux herbicides en hiver, rythm&#233;e non par des haies mais par des &#233;oliennes. Certains villages de ce coin perdu de la Somme semblent ne devoir leur survie qu'&#224; quelques propri&#233;taires d'exploitations, dont on compte le nombre d'hectares en centaines. A peine les villages autour de Pozi&#232;res accueillent des touristes anglais, canadiens et australiens, dans leur Mus&#233;e de la guerre 14 et leurs innombrables cimeti&#232;res militaires. On conseille la visite pendant les neuf mois d'hiver. Notre tableau n'est certes pas bucolique, mais les offices du tourisme ne participent pas non plus aux concours du plus beau village de France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233;s sur place, Escaud&#339;uvres n'est s&#233;par&#233;e de Cambrai que par la zone commerciale, aujourd'hui le premier employeur de la ville, avec ses restaurants de &#171; bouffe rapide &#187; et sucr&#233;e bourr&#233;s les mercredis et week-ends. Escaud&#339;uvres est une zone-village sans attrait, s'&#233;tirant le long de la d&#233;partementale 630, qui elle-m&#234;me longe l'Escaut, qui lui-m&#234;me s'en va mourir en Mer du nord sous le toponyme flamand de Schelde. La sucrerie fut longtemps le c&#339;ur battant du village, qui vit au rythme des r&#233;coltes depuis 150 automnes. Mais &#224; c&#244;t&#233; de la sucrerie et de la zone commerciale, Escaud&#339;uvres est &#233;galement connue pour sa fonderie Penarroya-Metalleurop qui rejetait avant sa fermeture en 1998 une tonne de plomb dans l'air tous les ans. Une digue, encore une digue, avait c&#233;d&#233; en 1976, d&#233;cimant les troupeaux alentours et interdisant la consommation des l&#233;gumes&#171; Pollution par le plomb pr&#232;s de Cambrai &#187;,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 25 mars 1977.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour tout souvenir ind&#233;l&#233;bile de l'&#233;pop&#233;e m&#233;tallurgique, les riverains sont depuis le d&#233;but du mois de juillet 2023 invit&#233;s &#224; un d&#233;pistage de plomb&#233;mie dans le sang&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Voix du nord, 12 juillet 2023.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La fonderie est devenue une usine de &#171; recyclage &#187; de batteries de voitures &#233;lectriques. Si la fili&#232;re est d'avenir, elle en aura toujours moins que le saturnisme, la maladie du plomb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Sucrerie centrale de Cambrai fut fond&#233;e en 1872 par l'inventeur de la r&#226;pe &#224; betterave, l'ing&#233;nieur des Arts et M&#233;tiers Jules Linard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jules Linard (1832-1882), multi-propri&#233;taire de sucreries, est l'inventeur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son invention lui offre un avantage comp&#233;titif s&#233;rieux. La sucrerie d'Escaudoeuvres est r&#233;put&#233;e la plus grande du monde avant sa destruction en 1914. Reconstruite et modernis&#233;e gr&#226;ce aux indemnit&#233;s des dommages de guerre, elle est rachet&#233;e par Ferdinand B&#233;ghin en 1972, alors patron du sucre et de la presse de droite. Un C.V. s'impose :&lt;br class='autobr' /&gt;
La famille B&#233;ghin raffine du sucre depuis que Ferdinand 1er (1840-1895) s'est vu l&#233;guer la raffinerie de Thumeries en 1868, dans le Pas-de-Calais. Ses fils Henri (1873-1945) et Joseph (1871-1938) font prosp&#233;rer l'entreprise : ils rach&#232;tent plusieurs sucreries dans la r&#233;gion, et construisent &#224; Corbehem en 1926 leur propre papeterie-cartonnerie, pour assurer eux-m&#234;mes l'emballage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce faisant, pourquoi ne pas fabriquer aussi des journaux ?, leur sugg&#232;re le patron roubaisien du textile et des m&#233;dias Jean Prouvost (1885-1978). Banco : voil&#224; un march&#233; porteur. Le groupe B&#233;ghin prend la moiti&#233; de &lt;i&gt;Paris-Soir&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Match&lt;/i&gt; vers 1936-1938, si bien qu'il doit acheter 34 000 hectares de for&#234;t en Finlande pour couvrir ses besoins de papier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant ce temps, le village de Thumeries est devenu une &#171; ville-usine &#187;, une coop&#233;rative g&#233;ante domin&#233;e par la main paternelle des B&#233;ghin. Entre leurs cinq ch&#226;teaux, ils construisent les logements de leurs ouvriers, mais aussi leur stade de foot, leur gymnase leur piscine, leur club de basket, et r&#233;novent encore leur &#233;glise apr&#232;s les bombardements de 1940. Les B&#233;ghin emploient, logent, distraient leur main d'&#339;uvre, qui les gratifie du poste de maire &#224; plusieurs reprises. L'enfermement industriel si r&#233;pandu dans les corons.&lt;br class='autobr' /&gt;
La papeterie-cartonnerie de Corbehem, o&#249; l'on fabrique le papier magazine satin&#233;, surclasse la concurrence, et Ferdinand le jeune (1902-1994) investit &#224; son tour dans l'&#233;dition. Il prend en 1950 le contr&#244;le de &lt;i&gt;Paris-Match&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;T&#233;l&#233; 7-jours&lt;/i&gt;, en m&#234;me temps qu'il devient leader du march&#233; des mouchoirs, papiers toilette, et serviettes hygi&#233;niques (Lotus, Vania, Okay). Sucre et papier, de la bouche au c&#8230; cabinet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, Ferdinand B&#233;ghin s'associe &#224; la famille Say en 1972 pour cr&#233;er le groupe B&#233;ghin-Say. Mais les investissements hasardeux s'encha&#238;nent, le groupe familial se d&#233;lite, et finit rachet&#233; par son banquier historique Jean-Marc Vernes &#8211; intime de Serge Dassault et de Robert Hersant, argentier de la presse de droite et du RPR, trafiquant en tous genres, et notamment d'influence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes man&#339;uvres capitalistes se poursuivent. B&#233;ghin-Say passe sous la coupe du chimiste italien Ferruzzi en 1986, puis de l'autre groupe chimique italien, Montedison, en 1992. L'entreprise s'installe au Br&#233;sil en 2000 alors que les betteraviers r&#233;organisent, en 2003, leur activit&#233; sucri&#232;re sous la forme coop&#233;rative et sous le nom de Tereos. Investie dans la canne &#224; sucre, la coop&#233;rative peut prendre part &#224; la d&#233;forestation de l'Amazonie, &#224; la culture de canne transg&#233;nique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; De l'Escaut &#224; l'Amazonie... &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; la perp&#233;tuation de l'esclavage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Des plantations br&#233;siliennes accus&#233;es de travail forc&#233; fournissent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tereos est aujourd'hui le deuxi&#232;me producteur mondial de sucre, pr&#233;sent sur les cinq continents, en R&#233;publique tch&#232;que, &#224; La R&#233;union, en Indon&#233;sie, au Kenya, en Inde, pour produire du sucre et des d&#233;riv&#233;s comme le glucose, l'amidon, l'&#233;thanol, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les Hauts-de-France, pr&#232;s de la moiti&#233; des agriculteurs produisent de la betterave &#224; sucre, qui rapporte &#224; elle seule 350 millions d'euros &#224; la r&#233;gion tous les ans. Cette manne sucri&#232;re alimente ensuite la fili&#232;re r&#233;gionale des chocolateries, sucreries et sodas, fournissant par exemple Coca-Cola &#224; Dunkerque &#224; raison de 42 morceaux de sucre par bouteille de deux litres, mais aussi les usines C&#233;moi (Dunkerque et Villeneuve d'Ascq), H&#228;agen-Dazs (Arras), Nestl&#233; (Nesquik, Chocapic, Lion, Kitkat, pr&#232;s de Saint-Quentin), et encore Ferrero (Nutella, Kinder, &#224; Arlon en Belgique) &#8211; une fili&#232;re aussi prosp&#232;re que des salmonelles dans des &#339;ufs Kinder. Co&#239;ncidence ou non : l'ob&#233;sit&#233; touche presque un quart de la population des Hauts-de-France (22 %), soit cinq points de plus que la moyenne nationale. Le haut du podium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; Escaud&#339;uvres et longeons le canal un instant. D'un c&#244;t&#233; les poules d'eau font connaissance, de l'autre les bassins de r&#233;tention de l'usine s'&#233;tendent sur deux kilom&#232;tres derri&#232;re les talus. Ce sont les bassins de r&#233;tention &#233;ventr&#233;s en mai 2020. Et si &#231;a pue autant la pourriture pourrie, &#171; c'est &#224; cause des bassins, nous confirme un promeneur. Et encore, c'est pire pendant les 120 jours de la campagne ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Lui pr&#233;tend s'&#234;tre habitu&#233; &#8211; mais on s'habitue &#224; tout. Notre promeneur est &#171; n&#233; &#224; Escaud&#339;uvres en face de la sucrerie &#187;. &#201;tudiant en chimie, il attendait une r&#233;ponse de Tereos pour un stage, r&#233;ponse qui ne viendra plus. Il d&#233;signe les cuves rutilantes &#171; qui n'ont peut-&#234;tre jamais servi &#187;, et la nouvelle chaudi&#232;re &#224; gaz en remplacement de celle &#224; charbon : 24 millions d'investissements en 2021 &#171; pour que &#231;a ferme &#187;, conclut-il d&#233;pit&#233;. Mais il a son explication :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a, c'est &#224; cause des &#233;colos, pour faire bonne figure. &#199;a a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; l&#224;-haut. On est le seul pays &#224; interdire les n&#233;onicotino&#239;des. D'un c&#244;t&#233; &#231;a va faire tomber la production, et la sucrerie ne sera plus rentable ; de l'autre la France va acheter du sucre aux pays qui peuvent encore utiliser des pesticides, et on sera encore moins rentables.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les mots de l'industriel, du syndicat de la betterave, et des gens du coin &#8211; qu'il s'agit de v&#233;rifier : la Cour de justice europ&#233;enne n'accorde ni &#224; la Belgique ni &#224; l'Allemagne ni &#224; la Pologne de d&#233;rogation sur les n&#233;onicotino&#239;des. En revanche l'importation de sucre aux n&#233;onicotino&#239;des hors de l'UE semble en effet autoris&#233;e, et des discussions seraient en cours au Parlement pour aligner les r&#233;glementations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit : que l'on consid&#232;re l'interdiction des n&#233;onicotino&#239;des, ces &#171; tueurs d'abeilles &#187;, comme une victoire ou une d&#233;faite, cette histoire aux mille rebondissements tend &#224; masquer tout le reste des produits &#171; phytos &#187; qui entrent dans la production de sucre, d'alcool, de carburant (bio&#233;thanol), et de gel hydroalcoolique produits &#224; partir de la betterave. Or, les trois d&#233;partements qui en France consomment le plus de produits canc&#233;rig&#232;nes, mutag&#232;nes et reprotoxiques - ces substances dites &#171; CMR &#187; parmi les plus meurtri&#232;res du catalogue -, sont la Somme, le Pas-de-Calais et le Nord. En cause : la pomme de terre, la plus consommatrice, et la betterave, juste derri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux herbicides, le Minist&#232;re nous informe que &#171; L'Oise tout comme l'Aisne, la Marne et la Somme sont les quatre premiers d&#233;partements en terme de superficie de culture de betteraves. Or, [...] la culture de betteraves re&#231;oit un nombre moyen de traitements en herbicides tr&#232;s &#233;lev&#233; par rapport &#224; d'autres cultures (13,7 contre 2,9 sur le bl&#233; tendre par exemple)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;tat des lieux des ventes et des achats de produits phytopharmaceutiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus &#233;pandu est le fameux glyphosate, que les coop&#233;rateurs de la betterave d&#233;fendent avec acharnement. Tout comme ils d&#233;fendaient derni&#232;rement le s-m&#233;tolachlore, un herbicide si persistant dans les nappes phr&#233;atiques qu'il devrait interdire de consommation l'eau des deux tiers des robinets de la r&#233;gion, logiquement la plus touch&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Eau du robinet : les Hauts-de-France est la r&#233;gion o&#249; les concentrations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 11 avril 2023.]]. &#192; peine son interdiction &#233;voqu&#233;e par l'Agence sanitaire nationale (ANSES) que la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale de la Betterave, le syndicat de la corporation, s'insurgeait contre la &#171; longue liste des moyens de productions retir&#233;s progressivement aux agriculteurs, ob&#233;rant ainsi leur capacit&#233; &#224; exercer leur r&#244;le premier : nourrir les populations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cgb-france.fr, 16 f&#233;vrier 2023.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le ministre de l'agriculture Marc Fresnau leur a d&#233;j&#224; garanti plusieurs ann&#233;es de S-metolachlore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interdiction des n&#233;onicotino&#239;des r&#233;v&#232;le le bourbier o&#249; pataugent les scientifiques, les journalistes scientifiques, comme les associations environnementales : l'interdiction des n&#233;onicotino&#239;des, vot&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e nationale le 15 mars 2016, n'est effective que depuis janvier 2023... sous pression de Bruxelles ; et apr&#232;s les d&#233;rogations successives du ministre actuel de l'agriculture et de la pr&#233;c&#233;dente ministre de l'environnement Barbara Pompili (une autre Ami&#233;noise). Cette interdiction fut arrach&#233;e apr&#232;s plus de dix ann&#233;es de voltes-faces politiques, de pseudo-controverses scientifiques, de coups de pression des syndicats agricoles, et de menaces sur l'emploi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si pour chaque mol&#233;cule, le spectacle m&#233;diatique et parlementaire doit mettre en sc&#232;ne ses expertises et contre-expertises, discutailler les protocoles et les r&#233;sultats, la sixi&#232;me grande extinction nous aura fauch&#233; que l'expertocratie bruxelloise n'aura pas encore tranch&#233; le cas du glyphosate. D'ailleurs cette digue de papier qu'on appelle &#171; Droit de l'environnement &#187;, comme d'autres digues, n'emp&#234;che pas Tereos, au Br&#233;sil par exemple, de poursuivre ses &#233;pandages a&#233;riens d'Actara 750 SG, un insecticide interdit depuis 2019&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Au Br&#233;sil, les g&#233;ants du sucre responsables d'une pluie toxique &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le sucre industriel est essentiellement catastrophique, de sa culture &#224; sa transformation jusqu'&#224; sa consommation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Poser les questions de nos besoins en sucre, de l'automobile &#224; betterave, de l'utilit&#233; de Tereos pour les Hauts-de-France et de la fili&#232;re agro-alimentaire pour l'Humanit&#233;, et plus g&#233;n&#233;ralement encore du mod&#232;le industriel qui domine la r&#233;gion et le monde depuis deux cents ans, nous feraient sans doute gagner du temps. Mais ce qui &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; ferait gagner du temps, &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; ferait perdre de l'argent. Encore une fois, &lt;i&gt;leurs profits&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;nos emplois&lt;/i&gt; valent plus que nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie &#8211; mines, filatures, chemins de fer, hauts fourneaux, sucreries &#8211;, s'est d&#233;velopp&#233;e tout au long du XIX&#176; dans un acte de foi promettant l'av&#232;nement du paradis terrestre. Acte de foi r&#233;p&#233;t&#233; aussi bien par les &#233;conomistes lib&#233;raux que communistes, par les partisans du roi que par ceux de l'empire ou de la r&#233;publique. Deux-cents ans plus tard, avec des taux de ch&#244;mage, de pollution, et de maladies associ&#233;es parmi les plus hauts du pays, le paradis terrestre s'av&#232;re &#234;tre un enfer &#8211; et nous devrons encore g&#233;rer des d&#233;chets mortellement radioactifs, ceux de Gravelines par exemple, pendant des milliers d'ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; ce que nul &#233;lu local &#8211; et surtout pas Fran&#231;ois Ruffin &#8211;, parfaitement inform&#233; des nuisances de la soci&#233;t&#233; industrielle, ne peut ignorer. Voil&#224; pourtant ce que le candidat &#224; la prochaine &#233;lection pr&#233;sidentielle, &#171; biolchevique &#187; revendiqu&#233; et partisan de l'alliance &#171; rouge/verte &#187;, entre &#171; sociaux-d&#233;mocrates &#187; et &#233;cologistes, ouvriers et petits-bourgeois, a pris soin de dissimuler &#224; ses lecteurs et &#233;lecteurs depuis vingt-cinq ans. A tort d'ailleurs, toutes ces choses vont sans dire chez les gens du Nord comme chez ceux du Sud. Tout ce qui leur importe c'est la p&#226;t&#233;e, bien sucr&#233;e, et des &#233;crans pour se distraire en dig&#233;rant. Le pouvoir et l'&#233;lu qui peuvent tenir cette double-promesse n'auront jamais de probl&#232;me avec sa population et ses &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tomjo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://renart.info/?Nos-betteraviers-sont-des-tueurs&#034;&gt;&#171; Nos betteraviers sont des tueurs &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Chez Renart&lt;/i&gt;, 13 janvier 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;France Bleu Nord&lt;/i&gt;, 12 janvier 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://renart.info/?De-l-Escaut-a-l-Amazonie-Beghin-Say-ou-la-catastrophe-permanente&#034;&gt;&#171; De l'Escaut &#224; l'Amazonie : Beghin-Say ou la catastrophe permanente &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Chez Renart&lt;/i&gt;, 10 mai 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ericbocquet.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 24 juin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;M&#233;tro, Boulot, Chimio&lt;/i&gt;, Collectif, Le monde &#224; l'envers, 2012. &lt;i&gt;Cancer fran&#231;ais : la r&#233;cidive. A propos d'Ecopla et de l'aluminium&lt;/i&gt;, Pi&#232;ces et main d'&#339;uvre, 2016. &lt;i&gt;D'Amiens nord &#224; Blanquefort, d&#233;livrons les ouvriers, fermons les usines&lt;/i&gt;, Tomjo, Pi&#232;ces et main d'&#339;uvre, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. le film &lt;i&gt;Morts &#224; 100 % : post-scriptum&lt;/i&gt;, de Tomjo et Modeste Richard, 45 mn, 2017. Ou encore &lt;i&gt;La foi des charbonniers, les mineurs dans la Bataille du charbon&lt;/i&gt;, 1945-1947, Evelyne Desbois, Yves Jeanneau et Bruno Matt&#233;i, Maison des sciences de l'homme, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Quand Napol&#233;on engageait la bataille du sucre &#187;, 31 janvier 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La Bataille du sucre &#187;, Le Monde, 10 septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, mai-juin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/artefact/2674&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La bataille du sucre ou la d&#233;faite m&#233;connue de Napol&#233;on I&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; &#187;&lt;/a&gt;, Ludovic Laloux, &lt;i&gt;Artefact&lt;/i&gt;, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Histoire : les Antilles fran&#231;aises, le sucre et la traite des esclaves &#187;, &lt;i&gt;Futura sciences&lt;/i&gt;, 10 janv. 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Ludovic Laloux, &lt;i&gt;art. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lettre d'Andriel et Wolft au ministre de l'Int&#233;rieur, 18 juillet 1813&lt;/i&gt;, cit&#233;e par Laloux, &lt;i&gt;art. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Industrie sucri&#232;re indig&#232;ne et son v&#233;ritable fondateur&lt;/i&gt;, Pierre Aymar-Bression, 1864.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1999_num_87_322_4743&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le sucre de betterave et l'essor de son industrie : Des premiers travaux jusqu'&#224; la fin de la guerre de 1914-1918 &#187;&lt;/a&gt;, Denis Bran&#231;on, Claude Viel, &lt;i&gt;Revue d'histoire de la pharmacie&lt;/i&gt;, n&#176;322, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dictionnaire encyclop&#233;dique et biographique de l'Industrie et des arts industriels&lt;/i&gt;, Vol. 3, art. &#171; Louis Crespel &#187;, Eug&#232;ne-Oscar Lami, 1883. On peut lire aussi &lt;i&gt;L'Industrie sucri&#232;re indig&#232;ne et son v&#233;ritable fondateur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A &lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k322737g/f9.item.r=betterave%20delessert&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;retrouver ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le sucre de betterave et l'essor de son industrie... &#187;, &lt;i&gt;art. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Appel &#224; candidature &lt;a href=&#034;file:///C:/Users/HP/Downloads/Appel%20%C3%A0%20candidatures%20-%20Sucrerie%20&amp;%20Territoire-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;&#171; Une sucrerie, un territoire &#187;&lt;/a&gt;, culture.gouv.fr, 29 juillet 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 25 mars 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Voix du nord&lt;/i&gt;, 12 juillet 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jules Linard (1832-1882), multi-propri&#233;taire de sucreries, est l'inventeur de la r&#226;pe &#224; betterave, toujours utilis&#233;e aujourd'hui, pour laquelle il fut r&#233;compens&#233; lors de l'Exposition universelle de 1878.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; De l'Escaut &#224; l'Amazonie... &#187;, &lt;i&gt;art. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Des plantations br&#233;siliennes accus&#233;es de travail forc&#233; fournissent l'Europe en sucre &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 31 d&#233;c. 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;tat des lieux des ventes et des achats de produits phytopharmaceutiques en France en 2020 &#187;, mars 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Eau du robinet : les Hauts-de-France est la r&#233;gion o&#249; les concentrations de pesticides sont les plus &#233;lev&#233;es &#187;, [[France bleu Nord&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cgb-france.fr, 16 f&#233;vrier 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Au Br&#233;sil, les g&#233;ants du sucre responsables d'une pluie toxique &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 25 avril 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nos betteraviers sont des tueurs</title>
		<link>https://renart.info/Nos-betteraviers-sont-des-tueurs</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renart</dc:creator>


		<dc:subject>Tereos</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est sans doute la pire catastrophe &#233;cologique depuis vingt ans en France. Pour sa pollution de l'Escaut en 2020, l'industriel sucrier Tereos (Beghin-Say) vient d'&#234;tre condamn&#233; &#224; 500 000 euros d'amendes &#8211; plus que le naufrage de l'Erika &#8211; et neuf millions de dommages et int&#233;r&#234;ts. Rien qui ne saurait entacher son cr&#233;dit aupr&#232;s d'&#233;lus qui n'ont cess&#233; d'accorder d&#233;rogations sur les insecticides et subventions d'investissement. Pas m&#234;me les soup&#231;ons d'esclavage au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://renart.info/-Nouvelles-locales-" rel="directory"&gt;Nouvelles locales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://renart.info/+-Tereos-+" rel="tag"&gt;Tereos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://renart.info/local/cache-vignettes/L117xH150/arton101-2c5d4.jpg?1773069702' class='spip_logo spip_logo_right' width='117' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;div id=&#034;compte_a_rebours&#034;&gt; &lt;div class=&#034;row&#034;&gt; &lt;div class=&#034;col-sm-12 col-lg-12 col-lg-12&#034;&gt; &lt;div class=&#034;compteur&#034;&gt; &lt;div class=&#034;bloc_time&#034;&gt; &lt;span id=&#034;jour&#034;&gt;23&lt;/span&gt; &lt;small&gt;JOURS&lt;/small&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;bloc_time&#034;&gt; &lt;span id=&#034;heure&#034;&gt;17&lt;/span&gt; &lt;small&gt;HEURES&lt;/small&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;bloc_time&#034;&gt; &lt;span id=&#034;minute&#034;&gt;54&lt;/span&gt; &lt;small&gt;MIN&lt;/small&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;bloc_time&#034;&gt; &lt;span id=&#034;seconde&#034;&gt;8&lt;/span&gt; &lt;small&gt;SEC&lt;/small&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;col-sm-12 col-lg-12 col-lg-12&#034;&gt; &lt;div class=&#034;bloc_texte &#034;&gt; apr&#232;s la catastrophe d'Escaudoeuvres, Xavier Bertrand n'a toujours pas pris la parole &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript51593695069e06b7431faa8.30189337&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJ0ZXh0L2phdmFzY3JpcHQiPgogICAgJCgnI2NvbXB0ZV9hX3JlYm91cnMnKS5jb3VudGRvd24oJzIwMjAvMDQvMTAgMDA6MDA6MDAnLCB7ZWxhcHNlOiB0cnVlfSkKICAgICAgICAub24oJ3VwZGF0ZS5jb3VudGRvd24nLAoKICAgIGZ1bmN0aW9uKGV2ZW50KSB7CiAgICAgICAgJCgnI2pvdXInLHRoaXMpLmh0bWwoZXZlbnQuc3RyZnRpbWUoJyVEJykpOwogICAgICAgICQoJyNoZXVyZScsdGhpcykuaHRtbChldmVudC5zdHJmdGltZSgnJUgnKSk7CiAgICAgICAgJCgnI21pbnV0ZScsdGhpcykuaHRtbChldmVudC5zdHJmdGltZSgnJU0nKSk7CiAgICAgICAgJCgnI3NlY29uZGUnLHRoaXMpLmh0bWwoZXZlbnQuc3RyZnRpbWUoJyVTJykpOwogICAgfSk7Cjwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est sans doute la pire catastrophe &#233;cologique depuis vingt ans en France. Pour sa pollution de l'Escaut en 2020, l'industriel sucrier Tereos (Beghin-Say) vient d'&#234;tre condamn&#233; &#224; 500 000 euros d'amendes &#8211; plus que le naufrage de l'Erika &#8211; et neuf millions de dommages et int&#233;r&#234;ts. Rien qui ne saurait entacher le cr&#233;dit de l'industriel aupr&#232;s d'&#233;lus qui n'ont cess&#233;, depuis cette nuit tragique du 9 avril 2020, d'accorder d&#233;rogations sur les insecticides et subventions d'investissement. Pas m&#234;me les soup&#231;ons d'esclavage au Br&#233;sil, r&#233;v&#233;l&#233;s derni&#232;rement. Devant la nature comme face &#224; l'adversit&#233;, nos betteraviers sont vraiment des tueurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_190 spip_documents spip_documents_center media media_vignette'&gt;&lt;a href='https://renart.info/IMG/jpg/xavier_tereos_web.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;jpg/xavier_tereos_web.jpg&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://renart.info/local/cache-vignettes/L500xH643/xavier_tereos_web-405c7.jpg?1772895398' height='643' width='500' alt='JPEG - 122.3 kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;La Perruche de Beghin-Say&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 9 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://chez.renart.info/?De-l-Escaut-a-l-Amazonie-Beghin-Say-ou-la-catastrophe-permanente&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ainsi que nous le relations &#224; l'&#233;poque&lt;/a&gt;, un bassin de d&#233;cantation de Tereos d&#233;versait 100 000 m&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; d'eau contamin&#233;e dans l'Escaut. A l'audience du 17 d&#233;cembre dernier, l'avocat d&#233;clinait &#171; toute responsabilit&#233; &#187; de son client dans la mort d'au moins 90 tonnes de poissons &#8211; toute vie sur plus de 70km.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge a consid&#233;r&#233; la chose diff&#233;remment, infligeant une amende de 500 000 euros au deuxi&#232;me groupe sucrier mondial. &#171; La d&#233;cision peut appara&#238;tre s&#233;v&#232;re effectivement &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, reconna&#238;t aujourd'hui l'avocat, mais sur le montant c'est tr&#232;s inf&#233;rieur aux demandes qui ont &#233;t&#233; faites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France Bleu Nord, 12 janvier 2023.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est tout de m&#234;me plus que la derni&#232;re grande catastrophe survenue en France, le naufrage de l'Erika, qui avait valu &#224; Total une amende de 375 000 euros, soit 424 000 euros d'aujourd'hui. La relativisation est donc toute relative.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avec les poissons, tuer les abeilles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les betteraviers de Tereos cultivent en France 200 000 hectares, sur lesquels, malgr&#233; l'interdiction de 2018, il est toujours possible de planter des semences enrob&#233;es de n&#233;onicotino&#239;des, cet insecticide &#171; tueur d'abeilles &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ans apr&#232;s la catastrophe d'Escaud&#339;uvres, le 9 d&#233;cembre dernier, le ministre de l'agriculture Marc Fesneau s'exprimait devant la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des planteurs de betteraves (CGB), le syndicat de la profession : &#171; Une troisi&#232;me [d&#233;rogation] est &#224; venir, en tout cas je l'esp&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La France agricole, 9 d&#233;cembre 2022.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, pour la campagne betteravi&#232;re 2023. Que peut-on leur refuser, malgr&#233; leurs catastrophes &#224; r&#233;p&#233;tition ? Le pr&#233;sident de la CGB lui a r&#233;pondu que trois ann&#233;es de d&#233;rogation ne suffiront pas, la &#171; chimie &#187; demeurant la &#171; solution &#187; pour assurer les rendements. D'autres d&#233;rogations sont donc &#224; pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ind&#233;fectible soutien du c&#244;t&#233; de la R&#233;gion. Mille jours apr&#232;s la catastrophe, on attend toujours la r&#233;action indign&#233;e de Xavier Bertrand. Quelques jours avant l'audience, son Conseil r&#233;gional accordait encore 870 000 euros de subventions &#224; Tereos pour l'installation d'une usine de glucose sur le site de Mesnil-Saint-Nicaise, dans la Somme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;lib&#233;ration n&#176; 2022.01648 du 22 novembre 2022, Conseil r&#233;gional (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et la R&#233;gion de saluer le &#171; plan d'engagement RSE &#187; et les ambitions de &#171; durabilit&#233; &#187; de l'entreprise. Doit-on vraiment soulever l'ironie de l'histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et du Br&#233;sil, quelles nouvelles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme nous en faisions d&#233;j&#224; &#233;tat, Tereos est un producteur majeur de sucre de canne et d'&#233;thanol au Br&#233;sil. La d&#233;faite de Jair Bolsonaro, ennemi revendiqu&#233; des inspecteurs du travail et des lois environnementales, est sans doute une mauvaise nouvelle pour notre sucrier local &#8211; qui s'en remettra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; r&#233;v&#233;lait les morts parmi les coupeurs br&#233;siliens de canne &#224; sucre, pay&#233;s au rendement, ext&#233;nu&#233;s par les cadences et leur &#233;tat d'esclave&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La fi&#232;vre de l'&#233;thanol fait des victimes au Br&#233;sil &#187;, Lib&#233;ration, 2 juin 2007.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur les 23 morts recens&#233;s de 2004 &#224; 2009, trois travaillaient indirectement pour Tereos. Il aura fallu attendre 2013 pour que le paiement &#224; la tonne soit interdit au Br&#233;sil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; cette interdiction, plusieurs rapports d'ONG et du &lt;i&gt;Bureau of International Labor Affairs&lt;/i&gt;, le d&#233;partement du travail des &#201;tats-Unis, rel&#232;vent aujourd'hui encore les conditions d'esclavage des coupeurs de canne br&#233;siliens. Dont certains travaillaient encore pour Tereos en 2018, ainsi que vient de le relever &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/12/31/des-plantations-bresiliennes-accusees-de-travail-force-fournissent-l-europe-en-sucre_6156160_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, le 31 d&#233;cembre 2022. C'est le cas &#224; l'usine de Trapiche, dans l'&#201;tat de Pernambouc, accus&#233;e &#233;galement de rejeter ses d&#233;chets toxiques dans l'estuaire de Sirinahem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'industrie betteravi&#232;re est aujourd'hui reconnue coupable d'&#233;cocide, et elle va payer. Mais les responsabilit&#233;s d&#233;passent son simple cas, et m&#234;me ce seul accident. Toute une caste de ministres et d'&#233;lus locaux m&#233;ritent de passer devant un tribunal pour leur silence sur la catastrophe du 9 avril 2020, et pour leur complicit&#233; avec cette &lt;a href=&#034;https://chez.renart.info/?De-l-Escaut-a-l-Amazonie-Beghin-Say-ou-la-catastrophe-permanente&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;catastrophe permanente et globale&lt;/a&gt; qu'est Tereos.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Renart&lt;br class='autobr' /&gt;
Illustration : Modeste Richard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En avril 1974 d&#233;j&#224;, &lt;i&gt;La Gueule ouverte&lt;/i&gt; publiait ce reportage sur les conditions de travail dans une usine de sucre : La Picardie dans la m&#233;lasse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_189 spip_documents spip_documents_center media media_vignette'&gt;&lt;a href='https://renart.info/IMG/pdf/lgo_18_la_picardie_dans_la_melasse.pdf' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;pdf/lgo_18_la_picardie_dans_la_melasse.pdf&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://renart.info/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772804454' height='64' width='64' alt='PDF - 811.8 kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;France Bleu Nord&lt;/i&gt;, 12 janvier 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La France agricole&lt;/i&gt;, 9 d&#233;cembre 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;lib&#233;ration n&#176; 2022.01648 du 22 novembre 2022, Conseil r&#233;gional Hauts-de-France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La fi&#232;vre de l'&#233;thanol fait des victimes au Br&#233;sil &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 2 juin 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'Escaut &#224; l'Amazonie : B&#233;ghin-Say ou la catastrophe permanente</title>
		<link>https://renart.info/De-l-Escaut-a-l-Amazonie-Beghin-Say-ou-la-catastrophe-permanente</link>
		<guid isPermaLink="true">https://renart.info/De-l-Escaut-a-l-Amazonie-Beghin-Say-ou-la-catastrophe-permanente</guid>
		<dc:date>2020-05-10T22:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renart</dc:creator>


		<dc:subject>Tereos</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le sucrier Tereos tuait toute trace de vie dans l'Escaut suite au rejet accidentel, le 9 avril dernier, de 100 000 m3 d'eau contamin&#233;e. L'occasion de d&#233;rouler les nuisances de cet industriel local, des plaines de Picardie aux plantations amazoniennes de canne transg&#233;nique.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://renart.info/-Nouvelles-locales-" rel="directory"&gt;Nouvelles locales&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://renart.info/+-Tereos-+" rel="tag"&gt;Tereos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://renart.info/local/cache-vignettes/L102xH150/arton40-724eb.jpg?1773069702' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;div id=&#034;compte_a_rebours&#034;&gt; &lt;div class=&#034;row&#034;&gt; &lt;div class=&#034;col-sm-12 col-lg-12 col-lg-12&#034;&gt; &lt;div class=&#034;compteur&#034;&gt; &lt;div class=&#034;bloc_time&#034;&gt; &lt;span id=&#034;jour&#034;&gt;23&lt;/span&gt; &lt;small&gt;JOURS&lt;/small&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;bloc_time&#034;&gt; &lt;span id=&#034;heure&#034;&gt;17&lt;/span&gt; &lt;small&gt;HEURES&lt;/small&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;bloc_time&#034;&gt; &lt;span id=&#034;minute&#034;&gt;54&lt;/span&gt; &lt;small&gt;MIN&lt;/small&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;bloc_time&#034;&gt; &lt;span id=&#034;seconde&#034;&gt;8&lt;/span&gt; &lt;small&gt;SEC&lt;/small&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;col-sm-12 col-lg-12 col-lg-12&#034;&gt; &lt;div class=&#034;bloc_texte &#034;&gt; apr&#232;s la catastrophe d'Escaudoeuvres, Xavier Bertrand n'a toujours pas pris la parole &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript51593695069e06b7431faa8.30189337&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJ0ZXh0L2phdmFzY3JpcHQiPgogICAgJCgnI2NvbXB0ZV9hX3JlYm91cnMnKS5jb3VudGRvd24oJzIwMjAvMDQvMTAgMDA6MDA6MDAnLCB7ZWxhcHNlOiB0cnVlfSkKICAgICAgICAub24oJ3VwZGF0ZS5jb3VudGRvd24nLAoKICAgIGZ1bmN0aW9uKGV2ZW50KSB7CiAgICAgICAgJCgnI2pvdXInLHRoaXMpLmh0bWwoZXZlbnQuc3RyZnRpbWUoJyVEJykpOwogICAgICAgICQoJyNoZXVyZScsdGhpcykuaHRtbChldmVudC5zdHJmdGltZSgnJUgnKSk7CiAgICAgICAgJCgnI21pbnV0ZScsdGhpcykuaHRtbChldmVudC5zdHJmdGltZSgnJU0nKSk7CiAgICAgICAgJCgnI3NlY29uZGUnLHRoaXMpLmh0bWwoZXZlbnQuc3RyZnRpbWUoJyVTJykpOwogICAgfSk7Cjwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;[article modifi&#233; le 11 juin]&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La betterave est avec la pomme de terre et le chicon un symbole de la culture locale. Les Hauts-de-France sont &#224; la fois les premiers producteurs de betterave &#224; sucre, et la r&#233;gion qui compte le plus d'ob&#232;ses. Vous ne connaissez peut-&#234;tre pas le nom de Tereos mais vous connaissez celui de B&#233;ghin-Say, sa marque de sucre. Alors que la multinationale affichait fi&#232;rement sa mobilisation dans la production de gel hydroalcoolique, elle tuait toute trace de vie dans l'Escaut suite &#224; son rejet accidentel, le 9 avril dernier, de 100 000 m&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; d'eau contamin&#233;e. L'occasion pour Renart de d&#233;rouler les nuisances de cet industriel sucrier, des vastes plaines de Picardie aux plantations amazoniennes de canne transg&#233;nique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa partie fran&#231;aise, l'Escaut est d&#233;j&#224; martyris&#233; par une usine m&#233;tallurgique qui produisait jusqu'en 1968 un quart de la production fran&#231;aise de zinc. Les sols alentours sont satur&#233;s en m&#233;taux lourds &#224; des niveaux d&#233;passant parfois ceux de &lt;a href=&#034;https://chez.renart.info/?Metaleurop-Bienvenue-en-territoire-mort-vivant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Metaleurop&lt;/a&gt;. Pour un seul des sites de l'usine, les drains fluviaux rejettent dans la Scarpe 14 tonnes de zinc par an, 2kg de plomb et 25kg de cadmium. Et il y a comme &#231;a 12 000 tonnes de zinc &#224; &#233;vacuer dans cette rivi&#232;re qui se jette dans l'Escaut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Merci &#224; l'association &#171; Nature Escaut &#187; qui nous a transmis ces informations.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aujourd'hui, le jus de betterave &#224; sucre de Tereos a tu&#233; la totalit&#233; des poissons, amphibiens et libellules sur une quarantaine de kilom&#232;tres au moins. Les poissons morts se ramassent &#224; la pelleteuse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sucres rapides mais r&#233;actions lentes (pour le moins)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_51 spip_documents spip_documents_right media media_vignette' style='float:right;'&gt;&lt;a href='https://renart.info/IMG/jpg/escaut_basdef.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;jpg/escaut_basdef.jpg&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://renart.info/local/cache-vignettes/L500xH772/escaut_basdef-6b895.jpg?1772812546' height='772' width='500' alt='JPEG - 1.5 Mio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Dans la nuit du 9 au 10 avril 2020, une br&#232;che dans un des bassins de d&#233;cantation des eaux de la sucrerie Tereos d'Escaudoeuvres pr&#232;s de Cambrai conduit au d&#233;versement de 100 000 m&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; de mati&#232;res organiques de betteraves, l'&#233;quivalent de quarante piscines olympiques. Les eaux contamin&#233;es inondent d'abord la vingtaine de maisons alentour avant de ruisseler vers l'Escaut. L'eau ainsi satur&#233;e consomme l'oxyg&#232;ne de la rivi&#232;re et tue entre 50 et 70 tonnes de poissons dans la partie wallonne du fleuve. La mortalit&#233; est &#171; totale &#187;, d&#233;clare le d&#233;partement de la Nature et des For&#234;ts de Wallonie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La voix du nord, 23 avril 2020.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq jours plus tard, le 15 avril, l'Office fran&#231;ais de la biodiversit&#233; (l'OFB, sorte de police de l'eau) annonce, tout en retenue, &#171; une quantit&#233; tr&#232;s importante de mati&#232;re organique susceptible d'alt&#233;rer gravement la vie aquatique. &#187; Le lendemain, les autorit&#233;s belges demandent des comptes &#224; la France. L'Escaut &#233;tant un fleuve international, sa gestion r&#233;clame de chaque &#201;tat travers&#233; par celui-ci &#8211; &#224; savoir la Belgique et les Pays-Bas &#8211; qu'il communique aux autres ce genre d'&#233;v&#233;nement. &#171; Les autorit&#233;s fran&#231;aises ont d&#233;clar&#233; que l'intervention sur site &#233;tait termin&#233;e et qu'il n'y avait pas de probl&#232;me sur le transport maritime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, se voient r&#233;pondre les Belges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;fet Michel Lalande attend le 24 avril, quinze jours apr&#232;s l'accident, pour communiquer. Des mesures auraient selon lui &#233;t&#233; effectu&#233;es d&#232;s le 10 avril par Tereos elle-m&#234;me, puis (on ne conna&#238;t pas la date) par ses services de la DREAL et l'OFB. Tous auraient constat&#233; &#171; un retour progressif &#224; un taux d'oxyg&#232;ne plus normal [&#8230;]. Il n'y a donc pas eu d'alerte aux r&#233;gions situ&#233;es en aval, en particulier c&#244;t&#233; belge &#187;. 100 000 m&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; d'eaux contamin&#233;es d&#233;vers&#233;es dans la nature : rien qui ne suscite affolement. A moins que le pr&#233;fet ne craignait d'&#234;tre pris en d&#233;faut d'inspection d'installations class&#233;es et pr&#233;f&#233;ra laisser passer la boue en esp&#233;rant qu'elle ne fasse de vagues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;strong&gt;modif. du 11 juin 2020&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://documents.installationsclassees.developpement-durable.gouv.fr/commun/V/9/8abb00ab71ed8c3a0171ee1388700079.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le pr&#233;fet r&#233;clame &#224; Tereos&lt;/a&gt; d'effectuer un diagnostic de ses bassins, d'&#233;ventuels travaux de r&#233;fection, et d'en &#233;tablir les modalit&#233;s de surveillance. Et Bertrand, dans un courrier qu'il lui a adress&#233;, dit qu'il attend les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te - comme tout le monde, quoi.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Tereos, l'industriel attend le 23 avril pour communiquer et d&#233;clare qu'il est &#171; trop t&#244;t pour &#233;tablir de quelconques liens de causalit&#233; &#187; entre l'&#233;cocide de l'Escaut et ses 100 000 tonnes de boues rejet&#233;es au m&#234;me endroit. L'entreprise compte-t-elle d&#233;fendre son innocence ? Deux fronts judiciaires sont ouverts. Le premier concerne la responsabilit&#233; de Tereos dans la pollution de l'Escaut : une plainte a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e par l'Association pour la suppression des pollutions industrielles (ASPI) et Nord Nature. Tereos risque deux ans de prison et 75 000 euros d'amendes. L'autre recours concerne le silence de l'&#201;tat fran&#231;ais : le parquet de Charleroi a ouvert sa propre enqu&#234;te p&#233;nale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des r&#233;actions politiques sont venues du d&#233;put&#233; de Lille Adrien Quattenens et d'Europe-&#201;cologie, on attend toujours celles des &#233;lus du territoire. Du local au national, cela donne : aucune r&#233;action de Thierry Bouteman, le nouveau maire d'Escaud&#339;uvres, rien de la part du d&#233;put&#233; UDI de la circonscription Guy Bricout, silence du pr&#233;sident de R&#233;gion Xavier Bertrand, mutisme de la ministre de l'environnement &#201;lisabeth Borne (malgr&#233; &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/la-france-veut-creer-une-filiere-de-biocarburants-pour-les-avions-1166670&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son int&#233;r&#234;t&lt;/a&gt; pour le biocarburant), et que dalle du c&#244;t&#233; de l'&#201;lys&#233;e bien qu'Emmanuel Macron ait re&#231;u un courrier des autorit&#233;s belges. Pourquoi donc ce silence g&#233;n&#233;ral ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tereos c'est la Champion's League&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 9 ao&#251;t 2018 d&#233;j&#224;, &#224; Origny-Sainte-Benoite en Picardie, une fuite de vinasse de betterave tue la totalit&#233; des poissons de l'Oise sur une trentaine de kilom&#232;tres. Le 19 f&#233;vrier dernier, une fuite d'eau lagun&#233;e provenant d'un autre bassin d'Escaud&#339;uvres se d&#233;versait d&#233;j&#224; dans l'Escaut. Dans la nuit du 4 au 5 mai 2020, &#224; peine un mois apr&#232;s la catastrophe d'Escaud&#339;uvres, rebelote : une cuve d'engrais liquide de la distillerie de Val-des-Marais dans la Marne s'effondre carr&#233;ment, lib&#233;rant ses 4 000 m&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; de vinasse de betterave dans les sols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Bertrand sait critiquer la d&#233;figuration des paysages picards par les &#233;oliennes, ces quatre accidents industriels ne lui inspirent aucune r&#233;action. Pas plus d'ailleurs que les chemin&#233;es de Tereos de Lillers dans le Pas-de-Calais qui pourtant rejettent 707 tonnes d'oxyde de soufre par an, ce qui en fait le troisi&#232;me pollueur r&#233;gional&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;cho de la Lys, 9 ao&#251;t 2018.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bertrand conna&#238;t pourtant bien la fili&#232;re betteravi&#232;re, les dirigeants de Tereos, et le site d'Escaud&#339;uvres. Il inaugurait en compagnie du pr&#233;sident de Tereos le 20 novembre dernier un centre logistique d&#233;di&#233; &#224; l'export. Plac&#233; sur les berges de l'Escaut et d'un futur port logistique du canal Seine-Nord, Tereos compte ainsi inonder le monde de ses sucreries. Mais la visite de Bertrand fut plus qu'une visite de courtoisie. Le pr&#233;sident des Hauts-de-France en avait profit&#233; pour annoncer une aide &#224; la conversion des voitures au bio&#233;thanol. C'est-&#224;-dire, par induction, une aide qui permet &#224; Tereos d'&#233;couler ses stocks de biocarburants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie betteravi&#232;re, et Tereos en particulier, ont des arguments pour empeser la langue des &#233;lus. En quelques chiffres : Tereos est le deuxi&#232;me groupe sucrier mondial, pr&#232;s de la moiti&#233; des agriculteurs de la r&#233;gion produisent de la betterave, et c'est dans l'Aisne, d&#233;partement d'origine de Bertrand, que l'on en produit le plus, avec un tiers des terres agricoles d&#233;di&#233;es &#224; l'&#171; or blanc &#187;. Tereos est le premier exportateur de Picardie &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; les deux premiers ports sucriers fran&#231;ais que sont Calais et Dunkerque. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette manne sucri&#232;re alimente ensuite toute une fili&#232;re r&#233;gionale de chocolateries, sucreries et sodas. Tereos fournit 97 % du sucre du Coca-Cola produit en France, et notamment &#224; Dunkerque, &#224; raison de 42 morceaux par bouteille de deux litres. Tereos distribue &#233;galement les 68 % de sucre pr&#233;sents dans chaque pot de Banania. Sans compter l'approvisionnement d'industries comme C&#233;moi, Ferrero, H&#228;agen-Dazs, Nutella, Nesquik, Chocapic&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Voix du nord, 22 janvier 2020.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des esprits railleurs rapprocheraient cette app&#233;tissante fili&#232;re de malbouffe au taux record d'ob&#233;sit&#233; dans les Hauts-de-France. D'autres encore, port&#233;s sans doute par de mauvaises intentions, doivent s'imaginer que le poids &#233;conomique de Tereos coupe le sifflet du premier &#233;lu local venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion, la betterave repr&#233;sente 350 millions d'euros de chiffre d'affaires. Les betteraviers ont donc des arguments, et ils aiment les d&#233;fendre aupr&#232;s des politiques. Tereos figurait en 2016 sur la liste des repr&#233;sentants d'int&#233;r&#234;ts de l'Assembl&#233;e nationale et figure dans la liste de l'Union europ&#233;enne. Car Tereos n'est pas qu'une coop&#233;rative sucri&#232;re du nord de la France, c'est aussi une multinationale pr&#233;sente sur tous les continents. Au Br&#233;sil de Bolsonaro par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans le zion j'ai rencontr&#233; / La fille du coupeur de canne / &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle m'a dit Francky c'est quand tu veux. / Ce soir nous allons couper.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Kgc76zX0YRc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ma canne &#224; sucre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Francky Vincent, 1994)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le 5 juin 2019, la pluie s'abat sur les Br&#233;siliens de Paris venus manifester aux portes du Minist&#232;re de l'&#233;conomie contre le &#171; Forum &#233;conomique France-Br&#233;sil &#187;. Ils critiquent notamment la d&#233;cision de leur pr&#233;sident d'extr&#234;me droite d'ouvrir l'Amazonie et le Pantanal, le plus grand mar&#233;cage du monde, &#224; la plantation de canne &#224; sucre. Petite victoire : la secr&#233;taire d'&#201;tat Agn&#232;s Pannier-Runacher s'est d&#233;sist&#233;e. Mais les patrons du MEDEF ont moins de scrupules. Le forum est pr&#233;sid&#233; par Alexis Duval, pr&#233;sident du conseil France-Br&#233;sil du MEDEF et de... Tereos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industriel fran&#231;ais r&#233;alise 15 % de son chiffre d'affaires au Br&#233;sil, en transformant la canne &#224; sucre en sucre roux et en &#233;thanol, et le manioc en amidon. La multinationale fran&#231;aise y est le deuxi&#232;me groupe sucrier. Alors que la plan&#232;te battait des records de chaleur et que l'Australie br&#251;lait litt&#233;ralement, le pr&#233;sident Bolsonaro supprimait la r&#233;glementation sur la canne &#224; sucre dans l'Amazonie et le Pantanal. Cette r&#232;gle visait &#224; limiter la d&#233;forestation et prot&#233;ger les cultures vivri&#232;res. Mais pour le ministre de l'environnement Ricardo Salles, elle n'&#233;tait qu'&#171; appareillage id&#233;ologique et bureaucratique [&#8230;] freinant le d&#233;veloppement &#233;conomique du pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 2 mai 2019.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Des mots repris par &#171; L'Union de l'industrie de la canne &#224; sucre [qui] s'est pour sa part f&#233;licit&#233;e d'un ''pas en avant'' pour mettre fin &#224; un ''appareil bureaucratique d&#233;pass&#233;''.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;francegrandescultures.fr, 18 nov. 2019.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tereos si&#232;ge au Conseil d'administration de ce puissant syndicat des industries de la canne &#224; sucre et Jacyr da Silva Costa Filho, directeur de Tereos Br&#233;sil, est un proche de ce ministre de l'environnement. Ensemble, ils accompagnaient en janvier dernier le pr&#233;sident Bolsonaro dans un voyage d'affaires en Inde pour y vendre de l'&#233;thanol. Depuis l'arriv&#233;e de Bolsonaro, le rythme de d&#233;forestation de l'Amazonie a presque doubl&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 14 d&#233;cembre 2019.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tereos peut communiquer sur ses hectares de canne bio, elle participe de la destruction de la for&#234;t tropicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil est aussi une terre d'accueil pour les trafiquants de canne &#224; sucre g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;e. Le pays &#233;tait le premier, en 2017, &#224; en autoriser la plantation. Et qui pour en planter les premiers sp&#233;cimen ? Un certain Centre technologique de la canne &#224; sucre (CTC) financ&#233; et d&#233;tenu en partie par Guarani, une filiale br&#233;silienne de Tereos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Interrog&#233; par &lt;i&gt;Reuters&lt;/i&gt;, Jacyr Costa, le directeur de Tereos Br&#233;sil, estime que ces OGM augmenteront la productivit&#233; de ses plantations et que &#171; c'est super d'avoir cette option.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;8 juin 2017.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Ses mutants sont en effet plus r&#233;sistants &#224; la s&#233;cheresse et disposent d'une plus haute teneur en sucre. Avec la canne transg&#233;nique, Tereos travaille aussi avec l'Embrapa, un organisme de recherche publique br&#233;silien, sur du manioc transg&#233;nique au cycle de croissance raccourci de six mois (passant de 18 &#224; 12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil est le premier producteur de sucre au monde et le deuxi&#232;me producteur de carburant &#224; base d'&#233;thanol &#8211; profitant d'une r&#233;putation verte d&#233;fendue jusqu'&#224; Xavier Bertrand. Pourtant, &#171; Cette culture n'a rien de ''vert'', t&#233;moignait au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; Larissa Mies Bombardi, g&#233;ographe de l'Universit&#233; de Sao Paulo et auteure d'une &#233;tude sur la g&#233;opolitique des pesticides. C'est le deuxi&#232;me secteur le plus consommateur de pesticides. La logique de cette agriculture moderne se traduit par la perte des droits du travail, l'expulsion des paysans, la contamination de l'environnement, des empoisonnements et des malformations cong&#233;nitales, et suscite un probl&#232;me tr&#232;s grave d'extr&#234;me concentration des terres, parfois ill&#233;gale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 20 f&#233;vrier 2020.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Administratrice de l'ONG &#171; Justice Pesticides &#187;, cette g&#233;ographe plaide pour un &#171; un nouveau pacte social dans lequel la production de nourriture ne serait pas une forme potentielle de destruction de la vie. &#187; La coop&#233;rative picarde Tereos exploite &#224; elle seule 150 000 hectares de canne au br&#233;sil et en transforme 300 000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 26 septembre 2018.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De l'Escaut &#224; l'Amazonie, Tereos fait la preuve qu'elle est un maillon de cette &lt;i&gt;destruction de la vie&lt;/i&gt;. Et ce dans des proportions, m&#234;me vues depuis les berges de l'Escaut ravag&#233;e, qu'on peine &#224; envisager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renart&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Illustration : Modeste Richard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00647745&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00647745&lt;/a&gt;. Merci &#224; l'association &#171; Nature Escaut &#187; qui nous a transmis ces informations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La voix du nord&lt;/i&gt;, 23 avril 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'&#233;cho de la Lys&lt;/i&gt;, 9 ao&#251;t 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Voix du nord&lt;/i&gt;, 22 janvier 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2 mai 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;francegrandescultures.fr, 18 nov. 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 14 d&#233;cembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.infogm.org/6506-ogm-bresil-sucre-canne-transgenique-arrive&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.infogm.org/6506-ogm-bresil-sucre-canne-transgenique-arrive&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;8 juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 20 f&#233;vrier 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 26 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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